Céramique: Tolérance zéro pour les carreaux importés non conformes à partir de début 2017
Les céramistes ont profité de la tenue du SIB pour tirer encore une fois la sonnette d’alarme sur les destructions d’emplois que subit leur secteur. Ils travaillent avec les ministères de l’Industrie et du Commerce extérieur sur un processus de contrôle plus rigoureux à mettre en place à partir de janvier 2017.
Lors d’une conférence de presse organisée le 23 novembre en marge du Salon international du bâtiment à Casablanca, ils ont mis en avant la récente fermeture de l’usine de carrelage Arco Cerame située à Berrechid. "Cette unité produisait 24.000 m2 de carreaux par jour et employait plus de 300 personnes. Elle a fini par baisser le rideau pour des raisons économiques. Le dumping des produits importés a eu raison d’elle", déplore Mohcine Lazrak, président de l’Association professionnelle de l’industrie de la céramique (APIC).
"Selon nos projections, en nous basant sur les statistiques arrêtées en octobre, durant l’année 2016, les importations augmenteront de 20%, contre une nette perte de vitesse de la production nationale qui reculera de 14% et une quasi-stagnation de la demande", ajoute M. Lazrak.
Ces mêmes constats ont été exposés aux ministères de l’Industrie et du Commerce extérieur, en mettant également en avant la défaillance du contrôle aux frontières. "Même les produits jugés non conformes ne sont pas renvoyés à leur fournisseur. On les retrouve dans le circuit de la distribution", souligne notre interlocuteur.
Pour pallier ces dysfonctionnements, l’APIC travaille avec les deux départements ministériels concernés sur la mise en place d’un système de contrôle plus rigoureux. L’objectif est d’arriver en janvier 2017 à un degré de tolérance zéro sur l’importation du carrelage non conforme aux normes.
En attendant, l'enquête antidumping déposée en mars 2016 contre l'importation de carreaux espagnols est en cours.
"L’enquête est au stade technique. Elle n’a pas encore abouti à cause des tergiversations des interlocuteurs espagnols qui usent de toutes les possibilités juridiques pour retarder son aboutissement. L’OMC accorde des délais de réponse qui sont souvent longs", selon M. Lazrak.
Précisons que la dernière requête est une mise à jour de celle déposée en octobre 2015 auprès du Commerce extérieur, visant les produits ibériques qui constituent 50% des importations marocaines en carreaux.
Leurs prix sont jugés anormalement bas par les céramistes: moins de 35 DH/m2 contre 45 DH pour les carreaux produits localement.