A Tanger, avant la COP22, Renault produit déjà 280.000 voitures avec zéro émission carbone
Renault a réussi à créer l’usine la plus verte de son groupe à Tanger, sur le site de Melloussa. Le projet a été annoncé dès 2010. L’usine qui produit 280.000 voitures cette année, émet 98% de carbone en moins qu’une usine équivalente.
Renault chiffre le gain de CO² non émis à 135.000 tonnes. Le constructeur français, qui est passé de 230.000 véhicules produits en 2014 à près de 280.000 en 2016, explique cette performance par la combinaison de plusieurs facteurs.
Ainsi, Renault fait jouer à plein la carte de la récupération de chaleur avec un «processus de récupération énergétique du département peinture, consommateur de 70% de l’énergie thermique de l’usine».
Le constructeur explique que les chaudières traditionnelles ont été remplacée par des chaudières utilisant de la biomasse, des tonnes de noyaux d’olive d’origine locale qui rejettent zéro CO². Ces chaudières biomasse fournissent l’énergie des ateliers de peinture, mais aussi à la ventilation des bâtiments et divers process industriels.
Fier de ce résultat, le constructeur automobile affiche en gros caractères sa politique et ses intentions dans ses rapports d’activité. Sur celui de 2014, le PDG Carlos Ghosn, qui coiffe Renault mais aussi Nissan et Mitsubishi rappelle qu’«aucune grande entreprise ne peut se focaliser exclusivement sur sa performance économique, sans se préoccuper de ce qui se passe autour d’elle. Il est de notre responsabilité – mais aussi de notre intérêt – de nous impliquer dans les enjeux environnementaux, ainsi que dans la vie sociale et sociétale des pays où nous sommes implantés», poursuit-il.
Changer de mode de conduite
L’usine Renault Tanger Méditerranée (RTM), c’est son nom officiel, est aujourd’hui citée en exemple dans le monde automobile pour ses performances environnementales et au sein de l’alliance Renault-Nissan pour ses performances industrielles. Signe de l’excellente productivité de l’unité, celle-ci accueille la production de la Logan SW dès cette année.
L’usine s’étend sur plus de 300 hectares, dont 220 hectares couverts. 100% de ses besoins électriques sont assurés par des éoliennes et des turbines électriques. L’unité affiche fièrement qu’«elle n’émet aucun rejet industriel liquide dans le milieu naturel et [a] réduit de 70% ses prélèvements en eau potable (…), en comparaison avec une usine de taille équivalente». La consommation d’eau par voiture produite y a été divisée par deux et une filiale de Suez est là pour recycler chutes d’acier et emballages en tous genres.
Paradoxalement, les seules émissions de CO² de l’usine RTM de Tanger viennent des émissions des dizaines de véhicules de transport du personnel qui font la navette entre le site industriel de Melloussa et les quartiers résidentiels tangérois, distants d’une quinzaine de kilomètres.
S’il subsistait des doutes sur les engagements verts de Renault, beaucoup peuvent être levés, même si les scandales du diesel laissent leur trace. Après avoir promu le modèle Nissan Leaf, l’alliance s’est attaquée au modèle Zoé, désormais doté d’une batterie avec une autonomie proche de 400 km.
Pour la COP22, Renault, partenaire institutionnel de l’évènement, mettra 50 voitures, des modèles Zoé et Leaf, à la disposition des organisateurs pour le transport des délégués. Cette semaine, les premières bornes électriques de recharge ont vu le jour à Marrakech. Des autobus et des bicyclettes électriques s’apprêtent à suivre ce chemin ces jours-ci.
Signe des temps, Marrakech abrite dimanche 13 novembre un grand prix automobile de Formule E. Renault sera sur la ligne de départ, ainsi que le constructeur allemand Audi. Dans la foulée, ce dernier a également annoncé son retrait des réputés –mais vitrine de pollution- 24 Heures du Mans. Pour faire évoluer son image et conquérir de nouveaux marchés, Renault et d’autres ont compris qu’il faut résolument changer de mode de conduite. Sur la route et sur les chaînes de production.