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Quel intérêt pour l’USFP de rejoindre une coalition menée par le PJD?

Le premier secrétaire de l’USFP s’est dit prédisposé à faire entrer son parti dans une coalition gouvernementale menée par son ennemi juré. Le rapprochement politique inédit avec le PJD interpelle sur l’utilité d’un choix qui suscite l’incompréhension et peut avoir des conséquences électorales... en 2021.

Quel intérêt pour l’USFP de rejoindre une coalition menée par le PJD?
Samir El Ouardighi
Le 19 octobre 2016 à 16h53 | Modifié 19 octobre 2016 à 16h53

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans la famille de gauche: après le PPS qui a ouvert le bal des négociations, l’USFP a fait savoir par la voix de son premier secrétaire qu’il n’était pas opposé à entrer dans une coalition dirigée par le PJD, qu’il vouait pourtant aux gémonies jusqu'à une date récente.

Au lendemain de la réunion du mardi 18 octobre entre le premier secrétaire de l’USFP et le SG du PJD, l’hypothèse d’une nouvelle Koutla (USFP-PI- PJD-PPS) apparaît de plus en plus plausible.

Interrogé par Médias24 sur la raison de son accord de principe pour une union gouvernementale avec le PJD, Driss Lachguar a éludé notre interrogation, en arguant qu’elle était orientée pour faire du tort à l’USFP.

«Je refuse de répondre car votre journal est chargé (?) de mener une campagne insidieuse (?) contre le parti que je dirige. Lâchez-nous et à l’avenir, veuillez prendre rendez-vous avec mon secrétariat pour obtenir les déclarations du premier secrétaire», a-t-il conclu d’un ton sans réplique.

Malgré nos tentatives de le joindre, Habib El Malki qui préside la commission administrative de l’USFP est lui aussi resté sourd à nos nombreux appels et messages téléphoniques.

Dans l’incapacité d’obtenir le point de vue des deux plus influents dirigeants du parti de la rose, nous avons interrogé Younes Moujahid, chargé de communication de l’USFP qui a préféré temporiser.

«Il ne faut pas se précipiter, car notre participation à une coalition avec le PJD n’est pas actée. La réunion de mardi (18 octobre) n’est qu’un premier round de négociations et la seule différence avec 2011, c’est que l’USFP n’est plus catégoriquement opposée à une alliance avec le PJD. Nous aviserons le moment venu, en fonction de la configuration proposée par le chef du gouvernement», précise-t-il

La simple éventualité d’une alliance USFP-PJD interroge pourtant sur le changement radical de ligne politique d’un parti «progressiste», habitué à vitupérer en dénonçant les positions obscurantistes du PJD.

En attendant d’avoir plus d’explications, les détracteurs de cet éventuel rapprochement l’expliquent par une course aux strapontins ministériels et des petits arrangements entre ennemis jurés d’hier.

Pour eux, le fait que ce rapprochement est officiellement  justifié par «l’intérêt national» n’est qu’un habillage permettant de conceptualiser une alliance que le chef de l’USFP qualifiait, récemment dans sa presse, de ligne rouge.

D’autres plus virulents l’expliquent par l’opportunisme qu'ils prêtent au premier secrétaire du parti de la rose et par la bataille d’ego de ses dirigeants qui ont fini par prendre le dessus sur le socle idéologique de l’USFP. Sans compter le fait qu'une entrée au gouvernement évite à la direction de devoir s'expliquer sur les raisons de l'échec aux législatives.

Malgré les apparences, il faut préciser que la caractéristique du dernier quinquennat de Benkirane n’a pas été un affrontement partisan sur le terrain des convictions, mais plutôt sur celui de l’invective.

Un ancien dirigeant de l’USFP avance que le revirement du parti décrédibilisera la parole politique chez son électorat traditionnel, car le message transmis est qu’on peut tout dire et faire son contraire.

Il rappelle qu’en 2007, Lachgar avait menacé les partis de la Koutla de s’allier au PJD s’il n’intégrait pas le gouvernement de Abbas El Fassi, mais qu’après être devenu ministre, il s’était remis à insulter «les positions rétrogrades» de ce parti.

«Une fois revenu dans l’opposition, il a continué à invectiver Benkirane, mais face aux perspectives d'entrer au futur gouvernement, il change encore d’avis et le meilleur indicateur est que sa presse est subitement devenue muette après cinq années d’insultes», accuse notre source.

Notre interlocuteur poursuit que malgré son effondrement électoral (20 sièges contre 39 en 2011), la direction du parti ne donne pas l’impression de vouloir sauver l’USFP, mais de s’engager dans une stratégie purement individualiste.

Il rappelle l’exemple de l’alliance gouvernementale PPS-PJD,  qui démontre, selon lui, que cette expérience n’a pas été payante en termes électoraux avec un PPS passé de 21 à 12 députés.

Une autre ex-grande figure de l’USFP déclare, anonymement, à Médias24, que le premier secrétaire est soumis à de fortes pressions des membres de son bureau politique qui veulent devenir ministres.

«Ces messieurs font simplement la queue pour avoir leur part de gâteau, comme Habib El Malki qui pense encore avoir un destin de ministre ou de président de la 1re Chambre. La direction de ce parti exsangue fait passer au second plan les conséquences auprès de l’électorat de gauche.? Elle considère que n’ayant rien gagné à être dans l’opposition, autant gagner des postes en rejoignant la majorité».

L’ancien camarade considère que l’USFP, défait électoralement à cause du report de ses voix vers le PAM ou la FGD, ne cherche pas à tirer les conclusions de son échec en renouvelant  sa direction.

«Si l’USFP entre au gouvernement avec le PJD, il n’y aura pas de reconstruction possible de la gauche. Cette stratégie de girouette montre un profond mépris de sa direction pour ses électeurs et pour les Marocains, qui justifie les taux d’abstention élevés car ce genre de revirement ne fera que valider la thèse de ceux qui pensent que le vote n’a aucune utilité. Driss Lachguar effectue un renoncement idéologique pour continuer à exister politiquement», conclut notre source.

Avec cette perspective, une union de la gauche (USFP-PPS-FGD) s’éloigne de plus en plus, car le seul moyen de lui donner du sens aurait été que ces trois partis optent pour l’opposition.

Le changement passera peut-être par la FGD, qui n’a pas su totalement capter le réservoir des abstentionnistes, mais qui a profité des voix de l’USFP et du PPS punis dans les urnes pour leurs errements idéologiques.

En cas de confirmation, le rapprochement USFP-PJD constituera une 2e chance pour la FGD, qui pourra se targuer de faire preuve de constance dans ses refus d’alliance avec le PJD ou le PAM. Les revirements idéologiques de l’USFP et du PPS pourront lui servir de tremplin pour unifier la gauche.

D’ici là, les divisions de cette famille politique semblent avoir encore de beaux jours devant elles, car les meilleurs fossoyeurs de l’unité de la gauche restent les états-majors des partis qui la constituent.

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Samir El Ouardighi
Le 19 octobre 2016 à 16h53

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