RNI: congrès extraordinaire le 29 octobre, pas de participation au gouvernement
Les Indépendants du RNI se donnent un peu plus de deux semaines pour réunir un congrès extraordinaire. Le nom de Aziz Akhannouch comme successeur de Salaheddine Mezouar a été “salué“ par le bureau politique, réuni mercredi 12 octobre.
Un congrès extraordinaire du RNI est convoqué pour le samedi 29 octobre. Aziz Akhannouch, pressenti pour en devenir président, a voulu se donner toute la légitimité et un mandat inattaquable sur le plan juridique.
La question a été examinée et tranchée lors de la réunion du bureau politique tenue mercredi 12 octobre au siège du parti à Rabat.
Le BP a “pris connaissance“ du fait que Mezouar maintient sa démission. En d’autres termes, celle-ci est acceptée.
On apprend dans le communiqué publié dans la nuit, que l’initiative de faire appel à Akhannouch a été prise par Salaheddine Mezouar. Selon nos sources, les membres du bureau politique ont été informés et consultés auparavant. Le communiqué publié à l’issue de la réunion, indique que cette initiative de faire appel à M. Akhannouch pour revenir au RNI a “a été saluée“.
L’idée d’une présidence par intérim d’Akhannouch, en attendant un congrès extraordinaire en janvier, n’a pas été retenue. Le congrès aura lieu à la fin du mois d’octobre, avant la COP22.
Deux autres décisions ont été prises par le BP, qui a “félicité le chef du gouvernement désigné“:
-il confirme le rapprochement avec l’UC, en “prenant acte de cette initiative du président Mezouar, consistant à amorcer le rapprochement, en créant un groupe parlementaire commun dans la perspective d’une alliance entre les deux partis“.
-le bureau politique a décidé de ne pas participer au prochain gouvernement, sauf “si les conditions nécessaires sont réunies“ et rappelle que le dernier mot revient au Conseil national.
La décision finale du RNI au sujet de la participation risque de ne pas être connue avant la fin du mois d'octobre ou début novembre, après le congrès extraordinaire. Elle est très improbable et elle jette la balle dans le camp du PJD. En effet, le RNI affirme avoir effectué un bilan du fonctionnement du gouvernement et reproche sur cette base à Abdelilah Benkirane d'avoir agi non pas comme un chef de gouvernement mais également et en parallèle, comme un chef de parti.
Des sources du RNI rapportent qu'il est accusé d'être au gouvernement en semaine, et dans l'opposition le week end. De ce fait et sans le dire explicitement, le RNI demande une séparation entre les fonctions de chef de parti et celle de la conduite du gouvernement. En d'autres termes, que le chef du gouvernement désigné démissionne systématiquement du poste de chef de parti.
Une source interne au RNI nous a exposé la position du bureau politique :
-"Le RNI fait un bilan critique de l'ensemble de la législature, y compris concernant sa participation. Un recadrage profond est indispensable pour éviter une implosion de la future majorité.
-Le chef du gouvernement et son parti agissent et se comportent comme un parti unique, méprisent aussi bien leurs alliés que leurs adversaires. Il n'y a pas de déontologie politique.
-Ils utilisent leur armée électronique pour discréditer, affaiblir et salir leurs alliés comme leurs adversaires, manipulent en jouant sur leurs sentiments, utilisent le sentiment religieux pour tromper les Marocains, divisent la société entre les vertueux et les non vertueux.
-Le PJD cherche à affaiblir, voire détruire les partis politiques comme les syndicats, pour contrôler l'Etat et la société."
Tous les indices vont donc dans le sens d’une non participation.
L’arrivée d’Akhannouch à la tête du RNI est accueillie avec une forte hostilité dans les pages pro-PJD sur les réseaux sociaux, avant même qu’elle ne soit officielle. A priori, il ne sera pas un adversaire facile pour le parti qui domine la scène politique.