S&P confirme la notation BBB- avec perspective stable pour le Maroc
Alors que les électeurs marocains se rendaient aux urnes vendredi 7 octobre, l’agence Standard & Poor’s publiait sa note semestrielle d’évaluation financière pour le Maroc.
Cette notation constitue un repère d’appréciation de l’état des finances et de l’économie du pays pour les investisseurs en obligations ou en dette et les institutions financières internationales.
Pour ce 7 octobre 2016, S&P indique que “la notation du Maroc est supportée par sa stabilité politique et économique, ses perspectives de croissance et une dette publique modérée“. La firme anglo-saxonne anticipe un taux de croissance économique moyen de 3% en 2017, 2018 et 2019, «après la sévère sécheresse de 2015-2016 ».
Pour 2016, S&P table sur un taux de croissance économique de 1,6%. Cependant S&P estime que la performance de croissance du Maroc restera vulnérable à la volatilité du secteur agricole et aux fluctuations de la demande européenne, suite au vote du Brexit anglais. Le Maroc réalise près de 65% de ses échanges avec l’Union européenne, dont les indicateurs économiques devraient légèrement pâtir de la sortie de Londres du marché commun.
Optimisme
S&P est optimiste sur les grands équilibres des comptes marocains. “Déficits budgétaire et extérieur devraient continuer de s’améliorer au cours des prochaines années“ écrivent les analystes anglais, en raison de la faiblesse des prix du pétrole, de la croissance des secteurs automobile et aéronautique et de la mise en œuvre des réformes économiques, une allusion à la nouvelle politique de subventions aux produits énergétiques et de première nécessité et à la réforme des caisses des retraites publiques.
S&P précise que son appréciation d’une perspective stable est basée sur l’attente de la poursuite des réformes économiques et l’amélioration progressive du déficit budgétaire, qui devraient renforcer la croissance économique.
Le déficit budgétaire doit passer de 4,3% en 2015 à 3,5% en 2016, pour atteindre 3%, la “norme de Maastricht“, en 2017, indique S&P. Ce chiffre était de 9,5% en 2012. “Perspective stable“ dans le jargon de la profession signifie également que la notation marocaine devrait être revue au minimum au même niveau à la prochaine révision dans un semestre, en avril 2017.
Anticipant sur les résultats du vote du 7 octobre, S&P estime qu’un nouveau gouvernement continuera de se consacrer à la réduction des déficits et aux réformes économiques. Au passage, S&P constate que la coalition gouvernementale issue des élections de 2011 a démontré “sa volonté et sa capacité à retoucher des programmes clés et budgétivores, particulièrement le système de subventions, le politiquement sensible régime des retraites publiques et la masse salariale publique“. Le nouveau régime des retraites prévoit une hausse des cotisations et un âge de la retraite à 63 ans en 2022, contre 60 ans à l’heure actuelle.
Optimiste, S&P table sur une reprise du tourisme, une poursuite des investissements étrangers et des exportations pour les trois années qui viennent. L’agence rappelle l’arrivée des investisseurs tels que Renault et Peugeot-Citroën et nombre de leurs fournisseurs dans l’automobile et celle de Boeing et de ses 120 sous-traitants, annoncés en octobre dernier.
Standard &Poor’s enfin ne passe pas sous silence les lourds défis sociaux avec “les persistantes pressions sociales dues au chômage élevé [9,5% en moyenne et 20% parmi les jeunes], la faible croissance et les inégalités de revenus“.