La Fédération des matériaux de construction adresse une lettre ouverte aux partis politiques
C’est autour du thème de la morosité du secteur et des facteurs qui freinent sa croissance que la Fédération des industries des matériaux de construction a rédigé sa lettre. Elle y appelle les différentes formations politiques à réfléchir à des stratégies pour sauver cette industrie.
La FMC (ciment, acier, sable et granulats, béton prêt à l’emploi, produits en béton, carreaux de céramique, appareils sanitaires, briques rouges, marbre et plâtre) entame sa lettre en mettant en garde contre la concurrence souvent déloyale exercée par des importations en croissance constante.
Annuellement, ce sont 30 millions de m2 de carreaux qui sont importés, 400.000 tonnes d'acier, 4 millions de m2 de marbre… , souligne la fédération, présidée par David Tolédano.
Les industriels des matériaux de construction évoquent également la cherté des prix des combustibles (gasoil, fuel, coke de pétrole, gaz GPL …) présentant entre 40 et 70% du prix de revient. "De plus, depuis la décompensation, l’anarchie s’installe dans la constitution des prix du combustible, qui ne cessent d’augmenter depuis plusieurs mois", souligne la lettre.
L’accent est mis aussi sur la multiplicité des taxes à caractère spécifique (taxes sur le ciment, sur le sable et sur le fer à béton, taxes communales.…). "Cette lourde fiscalité, qui ne touche que les produits nationaux, affaiblit les entreprises du secteur et pousse à l’importation de produits de substitution", ajoute les rédacteurs de la missive.
Le volet réglementation n’a pas été omis, pointant du doigt le retard accusé dans la promulgation de certains textes, tels que le code de la construction, les décrets d'application de la loi relative à l'exploitation des carrières et ceux de la loi 24-09 concernant la sécurité des produits….
Pour finir, la FMC s'est interrogée sur les stratégies à mettre en place pour accompagner et aider le secteur à affronter la crise, la dépasser et œuvrer à la sauvegarde et à la pérennisation de cette industrie, qui "réalise un chiffre d'affaires de plus de 40 milliards de DH, dégage une valeur ajouté de 14 milliards de DH et emploie 400.000 personnes, directement et indirectement".