Banques participatives: Jouahri explique les raisons du retard
Le dossier des banques participatives tarde. Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al Maghrib, justifie cela par des aspects techniques, liés à l’implémentation d’un système propice à la finance participative, qui fera en sorte que les banques participatives opèrent dans le respect de leurs règles.
"Il y a encore beaucoup d’éléments qu’il faut mettre en place dans le cadre de la préparation de l’arrivée des banques participatives", a souligné Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al Maghrib, lors d’un point de presse tenu de 27 septembre à Rabat.
"Prenez un exemple: pour qu’elles démarrent effectivement leur activité, ces banques ont besoin de liquidité, mais que vont-elles donner à Bank Al Maghrib en contrepartie? Il leur faudra la bonne alternative aux bons du Trésor classiques. Ce sont les sukuks» explique-t-il.
A cet effet, Jouahri affirme que son établissement travaille avec le Trésor, afin d’éviter toute mixité entre l’argent qui circule dans le circuit financier classique et celui qui circulera dans un éventuel circuit participatif. Une ferme séparation, sans quoi les banques participatives n’auront pas de raison d’être.
Jouahri avance par ailleurs d’autres raisons du retard: une feuille de route incomplète de l’assurance Takaful, le retard qu’a pris le Conseil des oulémas dans la certification des contrats de financement islamique, la détermination des règles comptables qui seront appliquées et puis la fiscalité, en stand by pour voir ce que la loi de finances 2017 apportera dans ce sens.
Le gouverneur, en avançant les arguments précités, affirme que le retard de la délivrance des agréments est bien légitime: «Comment voulez-vous que j’octroie des agréments alors que la base n’est toujours pas prête?!», s’indigne-t-il.
Il ajoute que BAM assure également un suivi auprès des banques qui ont déjà déposé des demandes d’agréments: «Ce n’est pas que leurs dossiers sont incomplets, mais il y a toujours des points à vérifier avec elles, au fur et à mesure que nous avançons dans ce chantier et que de nouveaux éléments apparaissent,» note-t-il.
Il ajoute, par ailleurs, que la Banque centrale a reçu deux demandes d’agréments supplémentaires, en plus des demandes déjà reçues jusqu'à juin dernier.