Bayt Al Hikma interpelle les partis au sujet des libertés individuelles
Les libertés individuelles sont le parent pauvre de la campagne qui s’annonce et de la communication des partis politiques, accuse Bayt Al Hikma, dans un communiqué diffusé vendredi.
L’ONG, présidée par Fettah Bennani (photo), constate que la campagne est centrée sur les candidatures, les alliances, la logistique, comme si les élections n’étaient faites que pour remplir des sièges vacants au Parlement.
Les programmes passent au second plan, les choix idéologiques sont marginalisés, les valeurs sont absentes, ajoute le communiqué. Le niveau de la vie politique ne sera relevé que par la mise en avant des valeurs, les seules à même de moraliser la vie publique et de rétablir la confiance en les institutions au sein de la population.
Les partis n’accordent aucune importance à la question des libertés en général et des libertés individuelles en particulier. Dans ce domaine, ils fuient leurs responsabilités, sous prétexte que la société marocaine est conservatrice et qu’il faut éviter de se compromettre dans les prises de position sur les libertés individuelles, faute de quoi le parti le paierait cher en votes.
Bayt Al Hikma fait donc un peu la leçon aux partis:
-les libertés individuelles sont partie intégrante du système universel des droits humains que la Constitution marocaine a adoptés dans sa globalité. Axer les programmes et les discours sur l’économique et le social n’est pas suffisant. Sans la culture et les valeurs, il sera plus difficile de faire réussir l’expérience démocratique marocaine.
-le rôle des partis politiques n’est pas de suivre les courants sociaux dans leurs conservatismes ou leurs régressions mais de servir de locomotive pour les tirer vers l’avant. Les partis qui considèrent, pour des raisons électoralistes, que les libertés individuelles font partie des interdits, sont en réalité complices de ces régressions et contribuent à freiner la transition démocratique.
-la société marocaine risque de se diriger vers davantage de violence en raison de la volonté de certaines parties d’exercer leur hégémonie sur l’espace public et d’exercer une tutelle morale sur la société.