Président du Parlement panafricain: “La réintégration du Maroc sera facilitée”
Le président du Parlement panafricain vient d'effectuer une visite au Maroc, dont le seul objectif est la réintégration du Royaume à cette institution de l'UA. Entretien.
Elu camerounais, Roger Nkodo Dang préside le Parlement panafricain, troisième institution de l’Union africaine. Ila effecuté sa première visite au Marocdu 13 au 15 septembre dernier. Accompagné du député PAM, Mehdi Bensaid, M. Nkodo a été reçu par Abdelilah Benkirane, Salaheddine Mezouar et les présidents RNI et PAM des deux Chambres.
Médias 24: Quel est le sens et vos impressions au terme de cette visite au Maroc?
Roger Nkodo Dang: Je suis venu au Maroc sur invitation du président de la Chambre des représentants, Rachid Talbi Alami, pour voir comment le Parlement panafricain, institution de l’organisation de l’Union africaine (UA), et la Chambre des représentants du Maroc peuvent collaborer et avancer ensemble.
Nos entretiens ont porté sur les modalités d’adhésion du Maroc au Parlement panafricain. Cette visite est un succès: j’ai été reçu par le chef du gouvernement, les présidents des deux Chambres et le ministre des Affaires étrangères.
Cette visite fait suite à la décision du Roi du Maroc de réintégrer l’Union africaine. A l’ordre du jour, comment faire adhérer le Maroc au Parlement panafricain.
- Quelle est l’appréciation du Parlement panafricain sur cette démarche diplomatique?
- Nous n’avons à vrai dire pas d’appréciation à porter, car nous sommes un organe de l’UA et nous mettons en œuvre les décisions des chefs d’Etat africains. Nous attendons l’aboutissement du processus, car une fois le Maroc admis au sein de l’UA, il pourra adhérer au sein de toutes les institutions panafricaines.
- Vous êtes optimiste sur le processus de réintégration de l’UA par le Maroc?
- Nous ne sommes pas partie prenante dans la décision, mais que je sache, le Maroc est un pays africain. Sa réintégration sera facilitée, car je crois qu’elle ne porte pas de conditionnalité.
- Quel va être le rôle des élus africains pour contribuer et assurer le succès de la Conférence sur les changements climatiques de Marrakech COP 22?
- Tout d’abord, le Parlement panafricain a pris une part active à la COP21 de Paris en décembre 2015 et cela sera également le cas pour la COP22 au mois de novembre prochain. Votre question renvoie au rôle des Parlements dans la lutte contre les changements climatiques.
Cela est essentiel dans le cadre de la ratification des accords internationaux. Les membres du Parlement panafricain sont d’abord des membres des Parlements nationaux et à ce titre, ils ont un rôle à jouer. Ils sont l’interface avec la population.
- Peu d’Etats africains ont approuvé jusqu’à présent les accords de Paris à la COP21?
- Pour que nous avancions et obtenions de meilleurs accords à l’avenir, il faut en effet ratifier ce qui existe. L’Afrique est le continent qui pollue le moins, mais qui souffre le plus de la pollution et des changements climatiques.
A l’avenir, l’Afrique doit aller dans ces négociations en parlant d’une même voix. Lorsque nous parlons de la COP21, les intérêts de l’Afrique ont peu été pris en compte.
-Gabon, Rwanda, Congo, Zambie: la démocratie et les valeurs de la liberté continuent d’être malmenées en Afrique. Quel est le rôle de votre institution pour faire progresser notre continent sur cette voie?
- Le Parlement panafricain, créé en 2004, fait de la démocratie et de l’Etat de droit ses valeurs et ses principes. Nous participons aux missions d’observation et nous donnons notre avis.jusqu'à présent et au vu de notre histoire, de la traite et du colonialisme, nous n’avons pas encore pu trouver un modèle de démocratie africaine. Aujourd’hui, nous avons beaucoup de partis africains sans idéologie. Le critère d’appartenance reste ethnique.