Nouzha Skalli: “Je n’accepte pas que le PPS soit inféodé à un autre parti politique”
Invitée sur les plateaux du JT "Al Massa'iya" de 2M dans la soirée du mercredi 14 septembre, Nouzha Skalli, députée et ex-ministre sous les couleurs du parti du livre, est revenue sur le communiqué du cabinet royal recadrant Nabil Benabdellah. Verbatim.
"En ma qualité de membre du PPS depuis plus de 40 ans - ayant fréquenté des militants émérites à l'instar de Feu Ali Yata et Feu Aziz Belal - je note avec désolation une dégradation du discours politique au Maroc à la veille des élections", a-t-elle lancé d'emblée.
Et d'ajouter: "Les partis politiques sont censés être des écoles, des institutions pédagogiques et éducatives traitant essentiellement des enjeux de la nation, du bilan du gouvernement, de ses succès et de ses échecs."
Pour cette figure historique du PPS et du mouvement féministe au Maroc, "le communiqué du cabinet royal n'est pas destiné exclusivement à Nabil Benabdellah, mais à toute la classe politique."
"Il est tombé à point nommé pour remettre sur ses rails l'espace politique et rappeler la neutralité de l'institution monarchique", ajoute-t-elle, en insistant sur le fait "qu'il est plus que jamais nécessaire d'améliorer la qualité du débat politique, en tenant compte du respect du pluralisme, qui est l'une des caractéristiques historiques du système politique marocain."
"Nous avons pendant longtemps œuvré pour conserver l'autonomie de nos positions et de nos prises de décisions. De même que nous refusons que notre parti soit dépendant de certaines influences, nous ne pouvons pas accepter qu'il soit inféodé à un autre parti politique (PJD, ndlr)," a-t-elle accusé.
Interpellée sur l'alliance PJD-PPS qui est pour rappel devenue stratégique, Nouzha Skalli a rappelé que son désaccord avec cette dernière "est connu de tous", mais vu "sa discipline et le respect qu'elle a pour les instances du parti, elle a respecté la tendance majoritaire, tout en prenant en considération également le contexte spécial des législatives de 2011".
"Mais je ne comprends pas le fait que l'on signe actuellement un chèque en blanc avec ce parti (PJD, ndlr), dont le projet sociétal est éloigné du nôtre", a-t-elle ajouté.
Où est la consécration des droits des femmes qui sont au coeur de nos idéaux? Qu'en est-il de la mise en oeuvre des textes constitutionnels dans le volet de l'égalité et de la parité? s'est-t-elle demandée, en concluant que "le parti de la majorité, en l’occurrence le PJD est appelé à assumer sa présidence du gouvernement, en se gardant de mêler discours d'Etat et discours partisans."