Unesco: 6.8 millions personnes ont bénéficié des programmes d’alphabétisation
Selon le rapport de l'Unesco, les coûts de scolarisation représentent toujours une lourde charge pour les ménages marocains et la scolarisation des filles dans l'enseignement secondaire est à la traîne.
Dans un communiqué conjoint, l'Unesco et l'ANLCA ont noté que l’engagement du Maroc a permis à près de 6.8 millions personnes de bénéficier des programmes d’alphabétisation durant les dix dernières années et de créer l'Agence nationale de lutte contre l’analphabétisme.
D’après le "Global education monitoring report 2016" de l’Unesco, intitulé "Education for people and planet: Creating sustainable futures for all", l’éducation gratuite jusqu’à l’âge de 15 ans est un principe de la politique de l’Etat au Maroc. Ce rapport a par ailleurs précisé que malgré l’existence du principe d'équité du système éducatif dans les textes de la charte nationale d'éducation et de formation de 1999 et de la Constitution marocaine de 2011, les coûts de scolarisation représentent toujours une lourde charge pour les ménages marocains.
Il a également mentionné quelques chiffres du programme de transfert monétaire "Tayssir", qui fournit un soutien financier direct aux familles pauvres, afin de réduire l’abandon scolaire et améliorer la fréquentation des écoles. En 2013/2014, 825.000 élèves (13% de la population totale en âge de scolarité, primaire et secondaire) ont profité de ce programme, et près de 4 millions d'étudiants ont bénéficié de l'initiative "Un million de cartables", qui cible les étudiants les plus pauvres de première année, a-t-il souligné.
Cependant, le rapport a expliqué que malgré l'amélioration de la parité entre les sexes dans l'enseignement primaire depuis l’an 2000 au Maroc, la scolarisation des filles dans l'enseignement secondaire est à la traîne, en raison d'obstacles culturels et de problèmes liés à l'accès aux écoles dans les zones rurales.
A ce stade, le gouvernement a élaboré une stratégie visant à construire des écoles spécialisées et des internats. Le ministère de l'Education nationale et de la formation professionnelle a également identifié des critères pour cibler les écoles les plus défavorisées, y compris les zones ayant des niveaux élevés d'abandon scolaire et où la population jouit d'un faible revenu.
Le bureau de l'Unesco et l'ANLCA ont noté, dans leur communiqué, à la veille de la célébration de la journée internationale de l’alphabétisation (8 septembre), que la question de l’alphabétisation est tant complexe qu’elle nécessite ipso facto la mutualisation des efforts de l’ensemble des parties prenantes (Etat, société civile, secteur privé et autres), surtout que 32% de la population marocaine souffre encore de l’analphabétisme, selon le recensement général de la population et de l’habitat 2014.
"l’Unesco accompagne l’ANLCA dans sa réflexion pour la mise en place d’une nouvelle approche d’offre d’alphabétisation, basée sur les besoins et les caractéristiques de chaque région", a indiqué le communiqué.
Pour rappel, l'agence ANLCA a pour mission de coordonner les efforts des différents intervenants, pour accélérer le rythme des réalisations des actions d’alphabétisation et mettre fin à ce fléau.
La journée internationale de l’alphabétisation a été proclamée lors du Congrès mondial des ministres de l'Education sur la lutte contre l'analphabétisme (République islamique d'Iran, 1965). Durant cette rencontre la notion "d'alphabétisation fonctionnelle" fut alors développée, laquelle fait le lien entre alphabétisation et développement socio-économique.