Banques. Créances en souffrance sur les entreprises: 40 MMDH au 1er semestre 2016 (+25%)
L’encours des créances en souffrance détenues par les banques sur les entreprises approche les 40 MMDH au premier semestre 2016, en hausse de 25% par rapport à la même période de l'année écoulée.
Le taux des créances en souffrance pour les entreprises atteint 10% de l'encours global de cette catégorie de crédits.
Les dernières statistiques de Bank Al Maghrib annoncent un encours global des créances en souffrance de 61,3 MMDH à la fin du 1er semestre 2016, réparties comme suit:
-38,5 MMDH sur les sociétés non financières privées (+24,3% par rapport au S1 2015);
-873 MDH sur les autres sociétés financières (+29,2% par rapport au S1 2015);
-21,9 MMDH sur les ménages (-8,5% par rapport au S1 2015).
Les créances en souffrance sur le segment des entreprises avoisinent donc les 40MMDH, confirmant le constat selon lequel les entreprises sont plus défaillantes que les ménages.
Il n’existe pas de traçabilité officielle et publique de la ventilation sectorielle des créances en souffrance, mais certains secteurs connus pour leur défaillance émergent du lot.
L’immobilier, par exemple, dont l’insolvabilité a été citée par l’agence de notation internationale Fitch Ratings, dans son dernier rapport sur la profitabilité des banques marocaines: «Les banques marocaines sont sous pression, en raison des charges de crédits immobiliers importants», note l’agence.
Toujours dans l’immobilier, il convient de rappeler que le montant des dations en paiement dans le secteur bancaire a atteint les 11MMDH à la fin du 1er semestre, selon des sources sûres. De nouvelles dations devaient être conclues cet été, par deux grands groupes immobiliers. Il est à noter que dans les comptes bancaires, les dations sont distinctes des provisions.
Outre l’immobilier, c’est le secteur du pétrole et gaz, avec la crise de la Samir, qui a favorisé la hausse généralisée des créances en souffrance. Rappelons qu’à elle seule, la dette bancaire marocaine de la Samir s’élève à 8,5 MMDH, soit plus de 21% des créances en souffrance en circulation.
La Banque centrale populaire, qui détient une créance sur la Samir de 2MMDH, a récemment déclaré avoir provisionné 100% de cette créance. L'ensemble des banques concernées ont provisionné leurs créances, soit en grande partie, soit en totalité.
Dans son dernier rapport sur la profitabilité des banques marocaines, Fitch Ratings souligne que le poids des créances en souffrance, combiné à un ralentissement de la croissance économique attendu cette année, pèse sur la profitabilité du secteur bancaire marocain et met la qualité des actifs des banques marocaine sous pression.
Ce constat concerne surtout trois plus grandes banques marocaines (BCP, AWB, BMCE). Fitch estime que les filiales des banques françaises (BMCI, Société générale, Crédit du Maroc) affichent une meilleure tenue en matière de couverture des créances douteuses, en raison d’une «évaluation plus stricte de la politique de crédit».