Casablanca-Settat: Bakkoury accorde la priorité au déficit du monde rural
La région Casablanca-Settat a lancé, ce mardi 6 septembre, le programme régional d'aménagement des pistes rurales "Massaleek", dont l’objectif est de faire passer le linéaire aménagé de 47% à 90% à l’horizon 2018. Ce lancement a fait l'objet d'une conférence de presse au siège du Conseil régional à Casablanca.
Cette première sortie médiatique de Mustapha Bakkoury en sa qualité de président de la Région de Casablanca-Settat a été surtout l'occasion de découvrir les trois priorités que se fixe la région la plus riche et la plus peuplée du Royaume.
"Il y a des carences à régler d'urgence. Une partie de la population de notre région est toujours privée d'eau, d'électricité et de routes", a alerté Mustapha Bakkoury, président (PAM) de la région Casablanca-Settat.
"Nous ne pouvons pas parler de nouveaux tronçons d'autoroute ou d'une nouvelle génération d'unités industrielles sans attaquer certaines problématiques prioritaires", a-t-il poursuivi.
C'est avec ce ton franc que Mustapha Bakkoury a défendu devant la presse, les priorités que s'est fixé le Conseil régional, en attendant le bouclage du Plan de développement régional (PDR), qui devra être prêt d'ici la fin de l'année.
Ces priorités s'articulent autour de trois pôles, à savoir «l'amélioration de la mobilité», «l'amélioration de l'environnement» ainsi que «l'amélioration de l'offre foncière pour les entreprises». Le programme "Massaleek" pour l'aménagement des pistes rurales s'inscrit dans le premier pôle à côté du programme de mise à niveau des routes classées.
Le deuxième pôle comporte le programme d'amélioration de l'accès à l'eau potable et le programme d'amélioration de la collecte des déchets.
Vient enfin le troisième pôle relatif aux zones d'activité, dont les deux programmes concernent respectivement leur mise à niveau et leur développement. "Ce n'est qu'après concertation avec les membres du Conseil, les rencontres avec les élus et les tournées sur le terrain que nous avons fixé ces priorités" a fait savoir Mustapha Bakkoury.
5.000 km de pistes rurales à aménager
Selon lui, l'objectif du programme "Massaleek" est de permettre aux habitants et visiteurs des douars et communes rurales d'emprunter des pistes dans des conditions acceptables, quelle que soit la saison. Il se veut également "un levier pour appuyer le désenclavement des populations rurales et favoriser la création d’emplois pour ces dernières et garantir une lutte efficace contre la pauvreté". Pour rappel, la Région Casablanca-Settat compte environ 10.000 km de routes non classées référencées comme pistes publiques, dont environ 5.000 km sont toujours non aménagées.

Figure 1: Carte des pistes rurales de Casablanca-Settat (source: région)
La première tranche du programme Massaleek ne concernera que 400 km. La raison? "Ces pistes ont été choisies en fonction du niveau d'enclavement des populations, des points d'intérêt qu'elles peuvent desservir et la disponibilité des études techniques préparées par les communes en question, en collaboration avec les services techniques des provinces ou préfectures dont elles relèvent", a argué l'ex-secrétaire général du PAM et actuel patron de MASEN. Il est à noter que la province de Settat sera la première à bénéficier de cette première tranche.
Un appel d'offres va être lancé d'ici fin septembre, pour commencer les travaux de cette première tranche "le plus tôt possible" tandis qu'un appel à manifestation d’intérêt a été déjà lancé pour permettre d'identifier les opérateurs et les approches permettant de réaliser, partiellement ou totalement, le programme Massaleek dans les meilleures conditions de coûts de délais et d'impact sur les zones concernées".
Quid de l'enveloppe budgétaire de cette première tranche? Elle est de 80 MDH, a annoncé Bakkoury.
"Citadins ou ruraux, la Région doit faciliter la vie à tous ses habitants"
Notons par ailleurs que l’intérêt que porte le Conseil régional de Casablanca-Settat pour le développement rural n'est pas fortuit. D'après les chiffres du Conseil régional, les ruraux représentent 27% de la population de la région Casablanca-Settat, tandis que sur 153 communes, 124 sont des communes rurales. Mises à part les préfectures de Casablanca, toutes les provinces de la région sont concernées par l'impératif du développement rural. A titre d'exemple, 81% de la population de la province de Sidi Bennour est rurale.
"Le citoyen ne doit pas être forcé de vivre là ou il vit parce qu'il y est obligé. Certains de nos compatriotes ruraux quittent leurs foyers pour s'installer dans les villes pour tenter d'améliorer leurs conditions de vie, alors qu'ils retrouvent les mêmes problèmatiques dans les quartiers péri-urbains et parfois pire", s'est désolé Mustapha Bakkoury, en promettant de réaliser les objectifs des trois priorités fixés par le Conseil dans un délai de 30 mois.