Moyens de paiement: le cash prédomine toujours (Bank Al Maghrib)
En matière de moyens de paiement, l’économie marocaine demeure largement dominée par le cash. C’est ce qui ressort du dernier rapport de Bank Al Maghrib sur les systèmes et les moyens de paiement.
A fin 2015, la circulation fiduciaire (pièces de monnaie et billets de banque) au Maroc a, pour la première fois de son histoire, dépassé la barre des 200 MMDH pour s’établir à 206 MMDH, enregistrant ainsi une hausse de 7,4% sur une année.
C'est l'augmentation la plus significative après le pic de 9% en 2011. Une augmentation qui traduit principalement l’impact de la bonne campagne agricole, estime la Banque centrale, dans son dernier rapport sur les moyens de paiement.
En volume, la circulation des signes monétaires avoisine un total de 1,4 MMDH de billets de banque et de 2,5 MMDH de pièces de monnaie.
Avec une part de 99% dans la masse fiduciaire en circulation, les billets de banques s’inscrivent en hausse de 7,4% pour s’établir à 203 MMDH. La circulation de la monnaie métallique s’est établie, quant à elle, à 3 MMDH, en augmentation de 7,3% par rapport à 2014.
Paiement scriptural: 5 transactions par an et par habitant
A fin 2015, le nombre global de moyens de paiement scripturaux (chèques, prélèvements, virements bancaires et cartes) échangés s’est élevé à 152,74 millions d’opérations, correspondant à une valeur cumulée de 2,9 MMDH, soit seulement 5 transactions par an et par habitant.
Le chèque demeure l’instrument de paiement support le plus utilisé, raflant ainsi 31% du total des opérations réalisées.
En termes de montants échangés, ces proportions sont différentes. Les chèques demeurent prépondérants certes et les transactions de paiement par carte ne représentent que 0,5% des opérations, «étant donné que les cartes sont utilisées essentiellement pour des règlements de faibles montants», souligne Bank Al Maghrib.
Au terme de l’année 2015, le nombre de moyens de paiement scripturaux échangés via les circuits interbancaires s’est établi à 65,8 millions, en progression de 7,3% par rapport à 2014.
731.000 rejets de chèques
Toujours au niveau interbancaire, le nombre de rejets de chèques, tous motifs confondus, s’est élevé à 731.425 opérations, correspondant à un taux de rejet de 2,56%.
Les rejets pour motif de «défaut ou d’insuffisance de provision» continuent d’occuper une part prépondérante, avec près de 53% du total des rejets opérés en 2015.
Parallèlement, la proportion des lettres de change normalisées rejetées s’est établie à 17,35% en 2015, contre 18,1% en 2014. «Cette proportion demeure inquiétante, surtout que plus de 90% des rejets correspondent à des rejets pour absence ou insuffisance de provision», note la Banque centrale.
Le nombre de moyens de paiement scripturaux échangés au niveau intra-bancaire, c'est-à-dire entre les comptes domiciliés sur les livres d’un même établissement ou d’un même groupe bancaire, s’est élevé à 53 millions d’opérations, correspondant à une valeur de 1,25 MMDH.
Il y a lieu de souligner que près des trois quarts des chèques échangés concernent les chèques de retrait cash aux guichets des banques. Le reliquat couvre les chèques remis à l’encaissement.
Par ailleurs, le nombre de rejets de chèques au niveau intra-bancaire, tous motifs confondus, s’est élevé à 478.964 et donc un taux de rejet de 2,64%, dont 22% correspond à des rejets pour absence ou insuffisance de provision.
Parallèlemen et à l’instar de l’interbancaire, la proportion des lettres de change normalisées rejetées est inquiétante, avec 20,45% en nombre en 2015. Une proportion d’autant plus alarmante vu que 90% des rejets correspondent à des rejets pour absence ou insuffisance de provision.
Pour les prélèvements, le taux de rejet pour insuffisance de provision est de 95%. Ce taux très élevé demeure impacté par les représentations répétitives d’un même avis de prélèvement non honoré à l’échéance.
Cartes bancaires: progression portée par les TPE
En 2015, le nombre de paiements par cartes, y compris les paiements sur GAB et ceux en ligne, s’est établi globalement à 33,9 millions d’opérations, pour une valeur de 16,2 MMDH, soit une augmentation de 14% en nombre et de 13% en valeur.
La progression des paiements par carte s’explique essentiellement par l’accroissement des paiements de proximité à travers les Terminaux de paiement électroniques (TPE), avec 27,7 millions d’opérations, pour une valeur de 15 MMDH, en hausse respectivemen de 20% et de 14% par rapport à l’année précédente.
Avec une part de 82% des transactions effectuées, les opérations sur TPE représentent l’essentiel des paiements réalisés par cartes bancaires en 2015.
Ceci dit, les retraits d’espèces continuent de représenter l’essentiel des opérations effectuées par le biais des cartes bancaires.
Ainsi, le nombre de retraits effectués au Maroc par des cartes émises ou gérées par les établissements de crédit marocains a atteint, en 2015, 236 millions d’opérations correspondant à une valeur cumulée de près de 206 MMDH, contre 219 millions d’opérations correspondant à une valeur de 188 MMDH en 2014.
Concernant les transactions réalisées par des cartes internationales au Maroc, elles ont totalisé 12,8 millions d’opérations correspondant à une valeur de 18,9 MMDH, soit une légère progression par rapport à leur niveau de 2014, qui s’était établi à 12,3 millions d’opérations, correspondant à une valeur de 18,4 MMDH.
L’encours de cartes à validité internationale s’est élevé, en 2015, à 363.416 cartes, contre 221.538 en 2014.
Par ailleurs, le nombre de prélèvements rejetés a fortement augmenté en 2015, passant de 53% en 2014 à 60% en 2015.
Cette hausse «rappelle la nécessité de mettre en place des mesures d’urgence, à même de faire baisser la proportion d’avis de prélèvement rejetés pour défaut ou insuffisance de provision lors de leur présentation au paiement et de réduire l’effet de la représentation répétitive d’un même prélèvement, ce qui biaise la comptabilisation des rejets et augmente artificiellement son taux à des niveaux alarmants», souligne Bank Al Maghrib.