Législatives 2016. La campagne électorale se fera aussi sur le web
A l’approche des élections législatives du 7 octobre 2016, les partis politiques se promettent de nouveau d'investir les réseaux sociaux et renforcent leur stratégie digitale.
A deux mois des législatives, la bataille de la communication politique sur le net n’est pas encore lancée. L’ambiance générale sur les sites et réseaux sociaux de la majorité des partis politiques marocains n’a encore rien d’une campagne.
Les stratégies restent très classiques, voire évidentes: site Internet, Facebook, ensuite Twitter et Youtube.
En matière d'innnovation, l'audace la plus extrème se contente de programmer un live vidéo.
PJD et PAM investissent les réseaux sociaux
La bipolarisation du champ politique au Maroc gagne également la toile. Car, hormis le PJD et, un peu moins le PAM, les partis politiques accusent un sérieux retard sur internet.
Sur Facebook, le PJD est le premier avec plus d’un million de fans sur sa page, bien loin devant ses concurrents (PAM, 2ème avec près de 530.000 likes). Le parti de la Lampe est également le premier, de loin là encore, sur Twitter avec près de 80.000 followers. C’est le cas aussi sur Youtube avec près de 23.000 abonnés.
Sur la toile, le PJD ne lésine pas sur les moyens. Outre ses pages Facebook, Twitter, Youtube et Instagram, le parti compte aussi "PJD TV" et "PJD Radio". Seul le PAM arrive à suivre. Le parti du Tracteur se montre de plus en plus actif sur la toile. D’ailleurs, il a lancé le 8 août 2016 un portail d’informations «Pam News» qui comprend un site d’information en continu «PAM Live», une web TV «PAM TV» et une radio en ligne «PAM Radio».
Pour sa pré-campagne électorale sur le web, le PJD mise pour l’instant sur les réalisations du parti depuis qu’il a pris les commandes du gouvernement. Depuis le 9 août, le parti conservateur publie régulièrement ses réalisations pendant les 5 dernières années tout en l’accompagnant avec un hashtag (#Bilan_Gov_Benkirane) pour accroître sa visibilité, et parfois avec des infographies.
En termes de contenu, le PJD est celui qui alimente le plus ses différents canaux. Il devance ses concurrents à la fois par la forme et le fond au niveau de ses publications. Il faut dire que son entrée anticipée dans le digital lui garantit une bonne longueur d’avance. Il a réussi à constituer une grosse équipe qui a acquis des automatismes.
Hormis les deux partis, le RNI s’est lui aussi rendu compte de l’impact du digital. Mais sa présence est encore timide sur la toile. En tout cas, pour sa campagne, le parti affirme qu’il investira davantage sur le numérique. L’on sent également un effort du côté du PPS. Le site web du parti devient plus ergonomique et il devient aussi plus actif sur les réseaux sociaux.
En revanche, l’USFP, l’UC ou encore le MP sont pour l’instant "déconnectés" des relations virtuelles.
Le Maroc très en retard en matière de communication politique digitale
Le PAM et le PJD couvriront donc en live quelques meetings ou conférences. La technique est connue, facile à maîtriser et ce n'est pas onéreux. Pour le moment, chacun utilise ou utilisera sa propre chaîne Youtube et diffusera en même temps sur son propre site.
Le dispositif reste lesté par une vision classique de la communication. Le parti, son siège, son site Internet, sa page Facebook en sont le centre. C'est une communication souvent dirigée de l'émetteur, le parti, vers la cible.
Il est possible que l'on verra à l'occasion de cette campagne, le premier usage en politique des lives Périscope ou Facebook, faciles à mettre en place, gratuits et avec un petit côté ludique. MAis on ne voit toujours aucun parti sur le réseau qui monte chez les jeunes, Snapchat.
En France et aux Etats-Unis, la communication politique digitale en est au stade de la collecte (légale en principe) des données. Là, cela donne une force de frappe très importante. Mais cela peut être dangereux pour la démocratie.
Le SMS, aussi important que le tract?
Dans le cadre de leurs campagnes électorales, "les partis politiques marocains ont le droit de recourir au traitement de certaines données à caractère personnel", nous affirme une source autorisée de la Commission nationale de contrôle de protection des données à caractère personnel (CNDP). Il s’agit de:
- Le nom et prénom
- La date de naissance
- Le sexe
- L’adresse
- Les numéros de téléphone
- Le numéro de fax
- L’email
- La catégorie socio professionnelle.
Des informations que les partis n’hésiteront pas à utiliser pour les législatives. Des SMS du type «Votez pour votre candidat X» ou «Réunion du candidat X du parti Y à 16 heures» vont-ils envahir nos smartphones? L'avenir nous le dira.