Défis, prévisions, priorités, réformes: ce qu'en dit le rapport de la mission du FMI au Maroc
Le nouveau rapport du FMI consacré au Maroc à l'occasion de la conclusion du nouvel accord instaurant la Ligne de précaution et de liquidité, fourmille d'appréciations intéressantes et de détails sur les discussions entre les deux parties. Voici quelques extraits.
Défis: Malgré les progrès récents, il reste encore beaucoup à faire pour garantir à plus long terme la stabilité budgétaire, augmenter le potentiel de croissance et réduire encore pauvreté, chômage et les inégalités.
Prévisions: La croissance devrait s’accélérer progressivement pour atteindre 4,9% par an en moyenne à moyen terme, sous réserve de l’amélioration des conditions externes et de la poursuite des réformes.
La modernisation du secteur agricole, l’expansion continue des entreprises marocaines dans de nouveaux marchés et secteurs (automobile, aéronautique), l’amélioration de l’accès au crédit, la hausse de investissement en capital, vont améliorer la position du Maroc dans les chaînes de valeur mondiales.
Déficit budgétaire: 3,5% en 2016 et 3% en 2017, à moyen terme, stabilisé à 2% du PIB.
Dette du Trésor: 60% du PIB en 2020 (contre 64% actuellement).
Déficit du compte courant: 1,2% du PIB en 2016 à moyen terme va se stabiliser à 1,5% du PIB.
Risques: Sur le front extérieur, les risques géopolitiques pourraient augmenter la volatilité des prix du pétrole et réduire l'activité touristique, ce qui pourrait inverser certaines des récentes améliorations de compte courant. La baisse de croissance attendue dans la zone euro, à cause du Brexit, pourrait ralentir l'activité économique par la baisse des exportations, du tourisme, des flux d'IDE et des transferts de RME.
Programme à venir/ Priorités: réduire les vulnérabilités budgétaires et extérieures, stimuler l'emploi, générer une croissance plus forte et plus inclusive, réduire le chômage, améliorer la compétitivité de l’économie.
Plusieurs réformes sont nécessaires pour réduire le déficit public progressivement à environ 2 % du PIB à moyen terme. Des politiques ont été mises en œuvre pour freiner les dépenses publiques, annonce le FMI et pour augmenter les recettes, le gouvernement compte notamment sur la réforme fiscale (application progressive des recommandations des assises de la fiscalité de 2013 : système fiscal plus équitable, réduction des exonérations, simplification de la TVA, lutte contre l’informel et l’évasion fiscale..). 1,5% à 2% du PIB en recettes supplémentaires sont escomptés.
Réserves du FMI. Le staff du FMI a émis des réserves concernant l’instauration dans l’actuelle loi de finances de tranches d’IS en fonction de l’importance du résultat. Ce système est susceptible de créer des distorsions, ont-ils avancé. Les responsables marocains ont annoncé qu’ils préfèrent évaluer les résultats de son application avant de revenir éventuellement vers un taux unique.
Limitation de la masse salariale dans le budget de l’Etat. Les autorités marocaines ont annoncé leur intention de maintenir la masse salariale publique inférieure à 11,5 % du PIB à moyen terme, notamment en limitant la création nette de nouveaux postes.
Le staff du FMI a soutenu cet objectif et a également souligné qu'une réforme plus globale de la fonction publique peut également contribuer à renforcer la viabilité budgétaire.
Subventions. Les subventions aux carburants sont passées de 5,5 % du PIB en2012 à 1,2% du PIB en 2015.
Selon le rapport, les autorités ont maintenant l'intention de réduire progressivement certaines subventions alimentaires (blé et sucre). Le staff du FMI a soutenu l'intention des autorités de sécuriser les programmes sociaux, afin de mieux cibler les groupes de population les plus vulnérables.
Les autorités ont indiqué que le gouvernement présentera un projet de loi pour renforcer la gouvernance et le contrôle des entreprises publiques.
Un régime des changes flexible. Cette décision d’aller vers un régime des changes flexible n’est pas sans risques, dans un contexte global de volatilité financière, estime le rapport, mais le FMI et les autorités marocaines conviennent que la situation actuelle est appropriée pour entamer cette transition.
Le texte intégral du rapport est consultable ici.