Le FMI approuve une ligne de précaution et de liquidité pour le Maroc (3,47 MM$)
Le Conseil d'administration du FMI a approuvé ce vendredi 22 juillet une ligne de précaution et de liquidité de 3,47 milliards $ destinée au Maroc, pour une durée de deux ans. Le Maroc ne l’utilisera qu’en cas de choc extérieur imprévu et de grande ampleur.
Au cours des dernières années, les autorités ont réussi à réduire les vulnérabilités budgétaires et extérieurs et mis en œuvre des réformes clés avec le soutien de deux LPL successives de 24 mois, estime le FMI dans un communiqué.
Le nouvel arrangement de LPL fournira au Maroc “une assurance utile contre les chocs extérieurs, afin que les autorités poursuivent leur programme de réformes visant à renforcer la résilience de l'économie et à favoriser une croissance économique plus élevée et plus inclusive“, souligne le FMI.
Les autorités ont déclaré qu'elles avaient l'intention de traiter l'accord comme précaution, comme elles l'ont fait pour les deux arrangements précédents et qu’elles n’ont pas l'intention de tirer sur la LPL, à moins d’un déséquilibre réel des paiements et d'une détérioration significative des conditions extérieures.
Le premier arrangement LPL avait un montant de 6,21 milliards $ et a été approuvé le 3 août 2012. Le second, de 24 mois également, était d’un montant de 5 milliards $ et a été approuvé le 28 juillet 2014.
La LPL a été introduite en 2011 pour répondre avec plus de souplesse aux besoins de liquidités des pays membres avec des fondamentaux économiques solides et de solides dossiers de mise en œuvre de la politique économique, mais avec certaines vulnérabilités restantes.
Suite à la tenue de ce Conseil d'administration consacré au Maroc, Mitsuhiro Furusawa, directeur général adjoint du FMI et Président par intérim du Conseil, a fait la déclaration suivante, citée par le FMI:
«Malgré une conjoncture mondiale et régionale difficile, le Maroc a considérablement avancé dans la réduction des vulnérabilités budgétaires et extérieures et dans la gestion des défis à moyen terme, en s’appuyant sur les deux accords successifs au titre de la ligne de précaution et de liquidité (LPL). Les déséquilibres extérieurs ont sensiblement diminué et l’assainissement budgétaire a progressé, tandis que les moyens d’action et le dispositif institutionnel ont été renforcés, y compris grâce à l’application de la nouvelle loi organique des finances, à l’adoption de la réforme des retraites de la fonction publique et aux constantes améliorations apportées à la supervision du secteur financier.
«L’économie se heurte toutefois à des risques baissiers considérables. De manière plus précise, une montée des risques géopolitiques et sécuritaires, un ralentissement persistant de la croissance chez les principaux partenaires commerciaux ou une plus grande volatilité de la situation financière mondiale pourraient porter durement atteinte à l’économie par le biais d’une montée des prix du pétrole, de perturbations des recettes d’exportation et du tourisme et des transferts de fonds et de capitaux ou d’un renchérissement des coûts d’emprunt. Au vu de cela, un nouvel accord au titre de la LPL pourrait apporter une assurance précieuse contre les risques exogènes et accompagner les politiques économiques des autorités.
«Les autorités sont déterminées à atténuer davantage les vulnérabilités budgétaires et extérieures, tout en consolidant les bases d’une croissance plus forte et plus inclusive. S’appuyant sur les acquis de ces dernières années, la poursuite de l’assainissement budgétaire devrait se baser à la fois sur la maîtrise continue des dépenses et sur l’approfondissement des réformes fiscales. La mise en œuvre sans délai de la réforme des retraites de la fonction publique et une décentralisation budgétaire prudente contribueront à préserver la viabilité des finances publiques. L’adoption de la loi amendée sur la banque centrale et la poursuite de la mise en application des recommandations du PESF renforceront davantage le dispositif de politiques du secteur financier. Les autorités devraient faire avancer leur plan de transition vers un régime de ciblage de l’inflation et un assouplissement du régime de change, ce qui contribuera à préserver la compétitivité et à renforcer la capacité de l’économie à absorber les chocs.
«La poursuite des réformes destinées à améliorer le climat des affaires, la compétitivité et les politiques du marché du travail sera essentielle pour relever la croissance potentielle, réduire le chômage qui ne cesse d’être élevé, particulièrement chez les jeunes, et accroître la participation des femmes à la population active».