Le crédit aux entreprises a baissé pour la première fois en 15 ans
Décélération du crédit, hausse du coût du risque, augmentation des créances en souffrance… Le secteur bancaire pâtit de quelques difficultés, mais affiche toutefois une bonne capacité de résistance et de résilience.
Le dernier rapport sur la supervision bancaire de Bank Al Maghrib confirme le constat préétabli par différentes instances (le CCSRS, ou la mission FSAP du FMI): le système bancaire marocain est résilient et résistant aux différents chocs macroéconomiques. C’est ce qu’a annoncé Lhassane Benhalima, directeur de la supervision bancaire à la Banque centrale, lors d’un point de presse tenu ce 21 juillet à Casablanca.
Ce constat intervient dans un contexte mitigé, marqué par la baisse du PNB et du résultat net cumulé des banques marocaines. A base sociale, ces chiffres sont passés, respectivement, de 44 MMDH en 2014 à 43,6 MMDH en 2015, et de 10 MMDH à 9,4 MMDH.
Des chiffres plombés essentiellement par le recul des activités de marché, qui se sont établies à des niveaux exceptionnels en 2014 d’une part, et d’autre part par la décélération du crédit aux entreprises, qui a baissé de 2% pour la première fois en 15 ans, en dépit de l’atténuation des déséquilibres macroéconomiques et de la détente de la liquidité bancaire.
En consolidé, le PNB du secteur est passé de 60,4 MMDH en 2014 à 61,1 MMDH en 2015, tandis que le résultat net part de groupe a cru de 5,5%, pour s’établir à 11,5 MMDH, à la faveur d’une bonne contribution de l’activité à l’international.
Par ailleurs, le coût du risque et les créances en souffrance continuent sur leur trend haussier. En effet, à base sociale, le coût du risque dans l’ensemble du secteur s’est établi à 8,4 MMDH contre 8 MMDH en 2014, et les créances en souffrance se sont établies à 57,7 MMDH, soit un taux de 7,4%. En consolidé, les créances en souffrance s’élèvent à 78 MMDH, dont 12,3 MMDH provenant des filiales africaines. Le taux de sinistralité de celles-ci s’élève à 9,7%, soit un taux supérieur à celui enregistré au Maroc.
D’une autre part, le secteur bancaire demeure également marqué par une croissance des dépôts (atteignant 819 MMDH, soit +6,4% par rapport à 2014) plus rapide que celle des crédits à la clientèle (780 MMDH, soit + 2,5%).
La croissance des dépôts est principalement liée au développement du réseau bancaire, qui est passé de 5.915 agences en 2014 à 6.139 agences en 2015. Le taux de bancarisation a ainsi atteint 68% de la population. Ce taux, nous confie M.Benhalima, est à présent le meilleur taux d'Afrique. Le nombre de cartes bancaires en utilisation a également crû pour atteindre 11,8 millions en 2015, au lieu de 10,9 millions de cartes en 2014.
Outre ces éléments, le paysage bancaire marocain demeure composé de 84 établissements en 2015, répartis comme suit :
Le rapport de la supervision bancaire relève, en outre, que les crédits à la clientèle distribués par les sociétés de financement se sont élevés à 44,4 MMDH en 2015, contre 43,6 MMDH en 2014. Le résultat net cumulé de ces sociétés s’est situé à 851 MMDH, enregistrant une hausse de 0,7% par rapport à 2014.
Par ailleurs, la direction de la Supervision bancaire rapporte qu’à l’issue du contrôle entrant dans le cadre de sa surveillance micro-prudentielle en 2015, des sanctions disciplinaires ont été prononcées à l’encontre de 2 banques, une société de financement et une association de micro-crédit pour manquement à la réglementation.
De plus, une sanction pécuniaire a été prononcée à l’encontre d’une banque pour non respect des délais de transmission de reporting.