A quelques jours de l'application de la loi interdisant toutes catégories des sacs en plastique au Maroc, qu'en est-il des sachets biodégradables? Eléments de réponse.
Youssef Ziraoui
Le 28 juin 2016 à 15h37
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Modifié 11 avril 2021 à
2h38
Alors que la loi 22-10 (juillet 2010) autorisait les sacs en plastique biodégradable, la loi 77-15, qui l'abroge et la remplace, change la donne.
Que dit donc la loi 77-15, qui entrera en vigueur le 1er juillet 2016, à propos des sacs en plastique biodégradable? L'article 2 interdit la fabrication, l'importation, l'exportation, la détention en vue de la vente, la mise en vente, ou la distribution de sachets en plastique au sens large ("les sacs avec ou sans poignées, composés de plastique, qui sont fournis, à titre onéreux ou gratuit, aux consommateurs dans les points de vente de biens, de denrées ou de services, destinées à l'emballage de leur marchandise"). La nouvelle loi interdit ainsi tous les sacs en plastique,
quelle que soit leur origine (même naturelle, comme spécifié dans l'article 1). Les sacs biodégradables sont par conséquent illégaux, comme nous le confirme une source au ministère de l'Industrie.
Peu importe donc qu'ils soient fabriqués à partir de produits dérivés du pétrole ou, pour ce qui est des sacs biodégradables, d'amidon de blé, de maïs, ou encore de fécule de pomme de terre...
Pas de distinction...
"Contrairement à la France où la loi interdit les sacs plastiques jetables, à l'exception des sacs biodégradables, au Maroc, la loi ne fait pas de distinction. Elle interdit toutes sortes de sacs en plastique, même les sacs plastique biodégradables", regrette cet industriel de la plasturgie qui souhaitait se lancer dans la production de sacs en plastique biodégradables avant de se voir confirmer par le ministère de l'Industrie que les sacs bio étaient effectivement hors-la-loi.
Notre source se veut critique envers la nouvelle loi: "Interdire tout en vrac n'a pas de sens. Les sacs biodégradables présentent beaucoup d'avantages. Comme leur nom l'indique, ils se dégradent tous seuls, au bout de quelques mois et ne sont par conséquent pas polluants".
Mais aussi et surtout, ils auraient pu combler un vide: "Car le papier ne pourra pas remplacer à lui tout seul le plastique. Sans compter le fait que son utilisation ne fera que favoriser les entreprises étrangères, car l'offre actuelle sur le marché est insuffisante", regrette notre industriel.
D'un point de vue logistique, le papier est contraignant, "car il prend beaucoup plus de place que le plastique, ce qui engendre des contraintes en termes de transport et de stockage". Enfin, "il consomme bien plus d'eau pour sa fabrication, donc, on ne peut vraiment pas dire qu'il soit écologique...", conclut notre source.
Et l'épicier dans tout ça ?
Côté consommateur, il reste des questions plus terre-à-terre. De fait, si l'on peut penser que les grandes surfaces sont outillées pour faire face à la disparition des sacs enplastique (remplacés par les cabas, le papier kraft ou encore l'emballage en aluminium...), qu'en est-il des épiceries de quartier, du boucher, du poissonnier? "Serais-je obligé de me trimbaler mon bocal en plastique quand je voudrais acheter des olives? Vais-je devoir mettre dans mon cabas ma viande à côté de mon poisson et de ma baguette de pain?", interroge non sans ironie notre interlocuteur.
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