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Hakim Marrakchi réaffirme la neutralité politique de la CGEM

Débat sur la décélération économique organisé le 23 juin dans le cadre des jeudis de l’UC. Le vice-président de la CGEM, Hakim Marrakchi, a réaffirmé la neutralité politique de l’organisation patronale. Adil Douiri a tiré à boulets rouges sur le bilan du gouvernement. Compte-rendu.

Hakim Marrakchi réaffirme la neutralité politique de la CGEM
R. B.
Le 26 juin 2016 à 15h03 | Modifié 11 avril 2021 à 2h38

Hakim Marrakchi a été bref, précis et incisif. Le thème était “De 7,5% à 1,5%, où est donc passée la croissance?“ Voici son analyse en quelques points:

-les principaux moteurs économiques sont la demande publique et la consommation.

-l’investissement public est resté stable à180 MMDH par an, mais les délais se sont allongés. Nous avons financé les investissements publics par ces délais. Nous n’avons pas tiré pleinement profit de ce moteur. L’allongement des délais de paiement étouffe les entreprises, qui meurent en bonne santé.

-la consommation a été poussée par la hausse des bas salaires, le dirham s’est raffermi, notamment par rapport à l’euro, la hausse du coût du travail n’a pas été compensée par une hausse de la productivité. Les entreprises ont été fortement pénalisées.

-un autre moteur, le tourisme, souffre  de la conjoncture internationale.

-Les IDE stagnent et au final, cela coûte plus cher que ce que cela rapporte, les dividendes sont exportés, entretenir un flux net positif et important d’IDE coûte de plus en plus cher

-on veut redémarrer l’industrie et c’est salutaire.

-nous aurions aimé un plan de relance de la compétitivité nationale. En termes d’emplois, différents plans sectoriels comme l’automobile et l’aéronautique ont des résultats mièvres en termes d’emplois, ne compensent pas ce qui a été perdu, notamment les 100.000 emplois des textiles.

-il y a toujours des IDE qui arrivent, mais ils sont toujours négociés afin qu’ils se concrétisent. Ils sont destinés à des projets de grande taille. Il est impossible de négocier un IDE lorsqu’on est une entreprise étrangère de taille petite ou moyenne. C’est un aveu de la non-compétitivité de notre pays. Il y a une importante marge de progression dans ce domaine.

-le modèle économique s’essouffle, ainsi que l’environnement industriel. Je ne dirai pas qu’il y a une politique économique qui échoue, mais plutôt qui s’essouffle.

-nous [CGEM] restons neutres. Ce que nous défendons, c’est l’entreprise marocaine. Nous avons travaillé avec tous, y compris avec ceux qui sont passés maintenant dans l’opposition…

Auparavant, Adil Douiri, qui s’exprimait intuitu personae et non en tant que président de l’Alliance des économistes istiqlaliens, a tenté une démonstration en deux temps:

-le premier point: une comparaison en termes de taux de croissance non agricole et de chômage entre les gouvernements Jettou (2003-2007), Abbès Fassi (2008-2011) et Benkirane (2012-2016).  Il a déroulé un exposé séduisant, bien mené, qui est toutefois fortement biaisé et ne résiste pas à une analyse fine. De plus, il passe sous silence la responsabilité du gouvernement Abbes El Fassi dans l’aggravation de la situation des finances publiques.

-le second point a fait mouche, il est tout à fait pertinent. En effet, il s’agit de la gouvernance et de la conduite de la politique économique.

“La démocratie ne signifie pas arrêter de piloter l’économie“, rappelle-t-il, à raison. Dans la vie d’un gouvernement, il y a deux facteurs clés de succès (ou d’échec) : la compétence et la gouvernance.

Il rappelle avec raison que dans les gouvernements précédents, il y a avait toujours quelqu’un qui coordonnait et qui tranchait dans le domaine économique. Jettou l’a fait en tant que Premier ministre et des ministres de l’Economie et des finances l’ont également fait.

Dans le cas du gouvernement Benkirane, ni le chef du gouvernement ne le fait, ni le ministre de l’Economie et des finances. Pour une raison simple, Benkirane n’est pas très sensible aux choses économiques et il ne laisse pas ses ministres prendre le lead en matière d’arbitrage sectoriel ou économique, car il considère que toutes les choses importantes doivent passer par lui.

Mohamed Sajid, qui s’affirme comme étant un dirigeant politique capable de réunir et de parler avec le spectre le plus large, bien au-delà de son propre parti, avait introduit les débats en posant notamment les questions suivantes:

*Comment expliquer cette décélération [de la croissance], alors que le Maroc a consenti des efforts incroyables en termes d’investissements dans les années 2000, de grands programmes d’infrastructures, routes, autoroutes, ports, électrification, de grands programmes de logement?

*Comment expliquer cette décélération, alors que le Maroc s’est doté de stratégies sectorielles fortes avec des chantiers faramineux, tels que:

-Plan Emergence avec les nouveaux metiers pour le Maroc, Aéronautique, Automobile, Offshoring.

-Plan Maroc Vert avec une dynamisation de notre secteur agricole.

-Plan énergétique avec la priorité pour les énergies renouvelables,

-Plan de développement urbain, Plan de tourisme?

*Comment expliquer cette décélération, alors que la conjoncture économique internationale nous est de plus en plus favorable, baisse spectaculaire des prix des matières premières, prix du baril, reprise de la croissance chez tous nos partenaires, Europe, Afrique, le soutien financier du Conseil de coopération du Golfe?

L’électeur donnera probablement sa réponse le 7 octobre.

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R. B.
Le 26 juin 2016 à 15h03

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