Que sait-on de l’AMDIE, la future agence des investissements et des exportations?
Le projet de fusion entre l’AMDI (Agence marocaine de développement des investissements) et Maroc export ne date pas d’aujourd’hui. Il est dans les tiroirs du ministère de l’Industrie et du commerce depuis 2014. Quelques retouches lui ont été apportées.
En juin 2014, le département de Moulay Hafid Elalamy avait même trouvé un nom à la future agence, Matis (Moroccan Agency for Trade, Investment and Services).
Mais depuis, silence radio, jusqu’à cejeudi 23 juin 2016, où le projet a été présenté sous une nouvelle mouture en Conseil des ministres.
La grande différence avec le projet initial concerne le nombre des organismes à fusionner, porté à trois au lieu de deux. En effet, la nouvelle structure baptisée finalement Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE) va inclure également l’Office des foires et expositions de Casablanca (Ofec), une structure créée en 1977 et qui avait le monopole de l’organisation des salons jusqu’en 2000, date à laquelle la loi 72-99 a permis à d’autres organismes publics, aux opérateurs privés et aux associations professionnelles d’intervenir dans le secteur des foires et salons.
Depuis l'annonce de la nouvelle de la fusion, plusieurs questions interpellent. Comment sera gérée l'AMDIE, qui présidera à ses destinées, y aura-t-il des départs dans la foulée? "Le but de la fusion, étant de consolider la coordination des opérations et de rationaliser les ressources humaines et financières", comme on peut le lire dans le communiqué du porte-parole du palais royal, quel est l’échéancier de la fusion...?
Ce sont des questions auxquelles nous n’avons pas pu avoir de réponses de la part du ministère de l’Industrie et du commerce. "Nous communiquerons dans quelques jours", s’est contenté de nous répondre une source autorisée au ministère.
Une chose est sûre. Ni les équipes de l’AMDI, ni celles de Maroc export ou de l’Ofec n’étaient au courant de la présentation devant le Conseil des ministres; elles ont dû l'apprendre par voie médiatique, nous confie une source proche du dossier.
Pourtant, plusieurs signes laissaient entendre que le projet allait voir le jour.
Pour ce qui est de l’AMDI par exemple, depuis le départ de Hamid Benelafdil en octobre 2015, la direction générale a été confiée à Hicham Boudraa, fonction qu’il exerce à ce jour... à titre intérimaire. "Ce n'est pas anodin. La situation devait rester telle quelle, en attendant la concrétisation de la fusion", confie une source proche du dossier.
Quant à Maroc export, dès juillet 2015, tout le portefeuille alimentaire lui a été retiré et donné à l’EACCE (Etablissement autonome de contrôle et de coordination des exportations), relevant du ministère de l’Agriculture. "Il fallait y procéder avant la fusion", ajoute la même source.
Pour ce qui est de l’Ofec, "tout plaidait pour une synergie avec Maroc export, du fait que tous les deux agissent dans le domaine de l’organisation des salons", poursuit notre interlocuteur.
Aujourd’hui, l’Ofec emploie essentiellement des ouvriers et seulement une dizaine de cadres. Maroc export en compte quelque 120, contre une centaine pour l’AMDI.