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ECONOMIE

Surliquidité bancaire et décélération du crédit, principaux champs de bataille pour BAM

La seconde réunion trimestrielle de Bank Al Maghrib s'est soldée par le maintien du taux directeur à 2,25%, mais également par l’augmentation du taux de réserve monétaire jusqu’à 5%. La Banque centrale veut résoudre deux problèmes majeurs: la surliquidité bancaire et la décélération du crédit.  

Surliquidité bancaire et décélération du crédit, principaux champs de bataille pour BAM
Sara El Hanafi
Le 21 juin 2016 à 20h51 | Modifié 11 avril 2021 à 2h38

La décision phare du conseil de Bank Al Maghrib, à l’issue de sa seconde réunion trimestrielle, a été de relever le taux de la réserve monétaire graduellement de 2% à 5%, afin d’absorber la surliquidité structurelle du secteur bancaire: «Nous n’allons pas passer directement à un taux de 5%», souligne Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al Maghrib. «Nous allons augmenter le taux graduellement, selon les résultats observés».

Bank Al Maghrib a également décidé d’octroyer une rémunération des réserves monétaires de 0,75%, réservée aux banques affichant une dynamique d’octroi des crédits dépassant la moyenne sectorielle, une mesure par laquelle Jouahri veut inciter les banques à contrecarrer la crise du crédit.

Sur ce dernier point, le wali de la Banque centrale insiste, encore une fois, sur l’impartialité immuable de son institution. Une position qu’il rappelle à chaque fois lors de ses récentes sorties médiatiques, pour faire face à des accusations évoquant des arrières pensées politiques derrière le timing de ses multiples signaux d’alarme sur la situation économique du pays, survenant à la veille des élections législatives. En effet, les détracteurs de Jouahri l’accusent de vouloir noircir le bilan du gouvernement sortant.

A cet effet, Jouahri affirme que le mémorandum adressé au chef du gouvernement est axé uniquement sur la problématique de décélération du crédit, sans présenter ni chiffres, ni appréciations relatifs aux performances économiques: «Dans ce mémorandum, nous avons essayé de présenter quelques explications probables à la crise de crédit. Nous avons cité, entre autres, les difficultés que connaissent de grandes entreprises qui étaient d’importants demandeurs de crédit ou l’atonie de l’activité non agricole», souligne-t-il.

Libéralisation du régime de change: le chantier toujours en cours

Sur la question du régime de change, Jouahri affirme que le travail se fait actuellement sur deux niveaux: le premier étant, tout d’abord, le ciblage d’inflation et le second étant le passage vers le régime de change flexible.

Sur le premier aspect, le gouverneur de la Banque centrale affirme que les travaux internes, notamment les analyses et les projections sont en cours de finalisation. Il livre même une date approximative: «En septembre, nous serons en mesure de voir à quel niveau nous allons fixer le ciblage et sur quel horizon, et nous pourrons donc acter la mise en œuvre opérationnelle du ciblage d’inflation».

Quant au passage au régime de change flexible, Jouahri souligne que le travail avec le Fonds monétaire international s’est fait sur plusieurs axes, afin de déterminer le régime de change approprié à mettre en œuvre: «Il y a pratiquement 10 catégories de régimes de change flexible et il faut donc choisir», souligne-t-il.

Il ajoute: «Nous préparons une feuille de route avec le FMI, s’étalant sur la période juillet – décembre, mêlant les aspects opérationnels et stratégiques du passage vers le nouveau régime de change».

Les aspects opérationnels, pour le wali, passent par la préparation de tous les opérateurs à ce changement: gouvernement, banques, et surtout les opérateurs économiques, privés ou publics, dont quelques-uns sont engagés sur des dettes à long terme. Jouahri évoque également un travail rigoureux sur le cadre réglementaire, mais aussi sur la communication autour du sujet, une fois ses grandes lignes déterminées.

Une nouvelle LPL dans le pipe

L’actuelle ligne de précaution de liquidité (LPL) avec le FMI, s'élevant à un montant de 5 MM$, arrive à échéance en août prochain. Le Maroc négocie donc une autre LPL, dont le montant s’élève, selon Jouahri, à 3,5 MM$ et 2,5 milliards de DTS (Droits de tirage spéciaux). La nouvelle LPL s’étale sur une durée de 2 ans.

Le gouverneur de Bank Al Maghrib affirme que le FMI prépare un rapport, afin d’étudier l’éligibilité du Maroc à une nouvelle LPL. Il souligne, non sans fierté, que les critères relatifs à son institution (supervision bancaire, politique monétaire, systèmes de paiement, etc.) ont passé le test. Le seul critère sur lequel le Royaume trébuche, selon notre interlocuteur, est la réforme des retraites, qui n’a toujours pas abouti.

Jouahri affirme que les négociations avec le FMI sont en cours de finalisation et que la lettre adressée au FMI au titre de la LPL passera devant le Conseil de celui-ci le 23 Juillet prochain. 

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Sara El Hanafi
Le 21 juin 2016 à 20h51

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