Sacs en plastique. 200 MDH dédiés à la reconversion des entreprises
«Le Maroc est un champion en termes de consommation de sacs en plastique, avec 26 milliards de pièces utilisées par an. C’est désolant», déclare Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie et du commerce, lors d’une conférence de presse organisée le mardi 21 juin.
«Que les choses soient claires. La loi interdisant la fabrication et la commercialisation de ces sacs entrera en vigueur le 1er juillet. Il n’y aura pas de report», insiste-t-il.
Un fonds de 200 MDH a été mis en place pour accompagner à la reconversion vers d’autres activités. Aussi bien le formel que l’informel sont ciblés.
«Beaucoup de pays ne reconnaissent pas l’existence de l’informel. Au Maroc, nous avons préféré regarder la réalité en face et accompagner les entreprises qui ont la volonté de se structurer. C’est inclus dans notre stratégie», poursuit le ministre. «199 opérateurs du circuit parallèle ont été recensés», confie-t-il à Médias24. L’appui à l’investissement des TPE formalisées peut atteindre jusqu’à 30% de l’investissement global, plafonné à 2MDH.
D’une manière générale, l’accompagnement vise:
- les entreprises qui réalisent plus de 30% de leur chiffre d’affaires dans la production des sacs interdits, avec un appui par opérateur plafonné à 14 MDH,
-les unités produisant des sacs non interdits et qui souhaitent mettre leurs entreprises en conformité par rapport aux normes en vigueur. L’appui financier est plafonné à 9 MDH.
Dans les deux catégories, 44 entreprises ont répondu à l’appel à manifestation d’intérêt, lancé le 4 mai 2016. 5 entreprises ont déjà bénéficié du programme de soutien à l’investissement à hauteur de 80,6 MDH d’investissement permettant la création de 400 emplois. Une a opté pour la reconversion dans la production de pièces en injection caoutchouc pour le secteur automobile. Les quatre autres ont diversifié leur activité (sacs tissés destinés à la grande distribution, tissu non tissé, produits d’hygiène et à usage médical en non tissé, film-paille d’exploitations agricoles sous-serre)
En ce qui concerne les entreprises qui réalisent moins de 30% de leur chiffre d’affaires dans la fabrication des sacs en plastique, des mesures d’accompagnement sont également à l’ordre du jour. Ne figurant pas initialement dans le giron des entreprises éligibles, le ministère a finalement opté pour leur intégration.
Qu’en est-il des produits de substitution? En plus des emballages pour produits alimentaires (barquettes, papier pour emballage alimentaire), les sacs en papier pourront remplacer ceux en plastique, avec un besoin estimé à 8 millions d’unités, ainsi que les paniers et cabas dont les besoins sont estimés à 10 millions d’unités.
Selon Moulay Hafid Elalamy, les nouvelles niches de reconversion dans le secteur de la plasturgie permettront à l’horizon 2020 de créer 38.100 nouveaux emplois et de générer 9,8 milliards de dirhams de chiffre d’affaires additionnel et 2,4 milliards de dirhams de substitution aux importations.