Mardi, grève nationale dans le secteur public, Benkirane “ira jusqu'au bout” sur les retraites
Après l’échec du dialogue social, les syndicats contre-attaquent, en organisant une grève nationale mardi 31 mai, qui touchera les personnels de la fonction publique et des collectivités locales. Ce mouvement accompagné d'un sit-in de protestation devant le Parlement rouvre la voie à la contestation syndicale.
L’ensemble des fonctionnaires syndiqués des administrations et entreprises publiques et des collectivités locales est invité à ne pas se rendre au travail pendant toute la journée du mardi 31 mai. Le front syndical UMT-CDT-FDT-UGTM a appelé à une grève sur tout le territoire national de 24 heures, accompagnée d’un sit-in de protestation devant le Parlement, à partir de 14 heures.
Selon Mohamed Larbi Kabbaj, numéro 2 de l’UGTM, joint par Médias 24, cette grève entre dans le plan d’action des syndicats, pour réagir au gel du dialogue social initié par le gouvernement Benkirane.
«La prochaine étape sera l’organisation de marches nationales pendant toute la durée du mois de ramadan et sans réponse du gouvernement, nous passerons à la vitesse supérieure, avec une grève générale, qui paralysera les secteurs public et privé».
Pour rappel, la principale pomme de discorde entre le front syndical et le gouvernement concerne la réforme des retraites, qui veut relever l’âge minimum de départ à la retraite de 60 à 63 ans (puis à 65), augmenter les cotisations des fonctionnaires et baisser leurs pensions de retraite. Fin avril et dans le cadre du dialogue social, le gouvernement avait proposé différentes mesures, telles que le relèvement des allocations familiales, la couverture santé pour les ascendants et enfin la prise en charge progressive (sur deux à quatre ans, selon les scénarios) du coût salarial additionnel de la hausse des cotisations de retraite.
Lors de la dernière grève du même type, qui avait eu lieu le 10 décembre dernier, le taux de participation avait atteint selon une source officielle entre 30 et 40%, alors que les syndicats avançaient un chiffre de 75%.
Concernant le taux d’observation de la grève générale du 24 février 2016, le front syndical annonçait 84% de participation et le gouvernement un chiffre de 39% pour le secteur public et de 4,8% pour le privé.
Contactée par Médias 24, une source gouvernementale de haut niveau nous déclare que les relations avec les syndicats, et en particulier deux d'entre eux, se durcissent de nouveau et prennent désormais un tour politique.
Concernant plus particulièrement les retraites, la même source nous déclare qu'avec ou sans compromis avec les syndicats, Abdelilah Benkirane tient à faire aboutir la réforme et à la faire voter dans les plus brefs délais, c'est-à-dire dans quelques semaines.