TPE et auto-entrepreneurs: le financement, cette bête noire
La quatrième édition du forum international des TPE s’est penchée sur les difficultés d’accès au financement bancaire. Le forum a également permis d’explorer d’autres éventuelles pistes de financement, comme le crowdfunding.
«Les problèmes des très petites entreprises sont connus, mais leurs solutions ne le sont pas», a lancé, d’emblée, Amal Cherif Haouat, présidente du forum international des TPE, dans son allocution d’ouverture.
Le forum, dans sa quatrième édition, s’est tenu ce 28 mai à la Chambre de commerce et d’industrie de Casablanca-Settat et s’est voulu une opportunité d’explorer les difficultés rencontrées par les très petites entreprises en matière d’accès au financement.
«Il règne un manque d’information incroyable sur le sujet», soulignait une participante au forum. «En tant qu’auto-entrepreneur, ma source d’information est un groupe facebook, réunissant des auto-entrepreneurs qui partagent leurs expériences… Nous nous sentons petits, cloisonnés et en insécurité».
Les lacunes en matière de communication et de sensibilisation sur l’accès des TPE au financement représentent une entrave majeure pour celles-ci. Quant à l'obtention du statut d’auto-entrepreneur, beaucoup signalent que la procédure est claire, mais que tout se complique lorsqu’on part à la recherche d’un partenaire financier.
Mustapha Amhal, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Casablanca-Settat, rassure à cet effet que son entité est en train de préparer une nouvelle gamme de services liée à cette problématique, regroupés au niveau d’un helpdesk: «Celui-ci aura pour tâche de faciliter la recherche de financement pour les TPE, en leur offrant l’assistance nécessaire en matière de constitution de dossiers d’emprunts en bonne et due forme, qui leur permettront de gagner la confiance des banques, souligne-t-il. C'erst une aubaine, puisque 41% des TPE marocaines opèrent dans la région de Casablanca-Settat.
Par ailleurs, le forum a été l’occasion de rappeler les orientations du ministère de l’Economie et des finances en faveur du soutien au financement des TPE, notamment l’offre de garantie qui couvre ce segment d’entrepreneurs ou les produits de cofinancement avec les banques.
La Banque centrale, quant à elle, ne cache pas sa volonté de faire émerger d’autres types de financement outre que le financement bancaire, notamment les business angels ou le crowdfunding. A ce sujet, Lhassane Benhalima, directeur de la supervision bancaire à Bank Al Maghrib, a souligné que le projet de loi sur le crowdfunding est à un stade avancé.
M.Benhalima a également rappelé le rôle du fonds de soutien aux TPME, estimé à 3,6 MMDH, dans le financement de ce segment d’entreprises: «1,5 MMDH a déjà été investi, le reste sera distribué en 2016». Il insiste également sur le rôle de l’Observatoire marocain de la TPME,qui vise à introduire des mesures spécifiques pour ce segment et dont la première assemblée générale aura lieu prochainement.
Ceci dit, beaucoup d’acteurs du secteur estiment que le financement n’est pas l’unique difficulté rencontrée par les TPE. En effet, celles-ci affichent des lacunes en matière de gestion, de gouvernance, et même en matière de commercialisation de leurs produits ou services: «Il y a de petits entrepreneurs qui ne font pas la différence entre chiffre d’affaires et résultat», note un intervenant du secteur bancaire.
Sans oublier les difficultés de trésorerie, les arriérés de paiement ou le manque de visibilité en matière fiscale. En effet, plusieurs petits entrepreneurs se plaignent du fait que la fiscalité marocaine n’ait pas réservé un traitement spécial (et encourageant) à la TPE.