L’ONCF invite les villes et les régions à “s’approprier“ le TGV
“Appropriez-vous le TGV“ est le message qu’adresse l’ONCF aux villes et aux régions desservies par la LGV à partir du printemps 2018. Il a été inégalement entendu.
Le DG de l’ONCF Mohamed Rabie Khlie, a été explicite face à un petit groupe de journalistes jeudi à la mi-journée: “Nous avons conçu ce colloque pour intéresser nos élus, nos villes et nos régions à l’impact du projet de TGV“.
Le matin, le colloque a rappelé ses grandes lignes, ses données techniques, économiques et politiques. Puis il s’est poursuivi avec les expériences espagnole, française, japonaise, coréenne et chinoise. Et il a conclu par un panel sur les attentes des institutionnels, des acteurs économiques et des usagers.
La journée du 26 mai, de fait, a servi à expliquer et à présenter la LGV et l’action de l’ONCF sous tous les angles. Le thème du colloque était: «Maroc Grande Vitesse, accélérateur du développement de la mobilité et des territoires».
Parmi les outils d’appropriation du TGV abordés figurent les clubs TGV qui n’ont pas encore vu le jour au Maroc. L’exemple de Belfort (France) ca été cité. Un lub TGV regroupe des élus, des chefs d’entreprise, des commerçants, qui réfléchissent ensemble à l’impact de la LGV sur leur activité et celle de leur ville et qui émettent par la suite des propositions.
Mais, a averti le DG de l’UIC (Union internationale des chemins de fer), Jean-Pierre Loubinoux , «sans volonté politique, les retombées peuvent être faibles ou décevantes».
Le représentant et patron de la CTM Ezzoubir Errhaimini avertit: «L’expérience positive du voyage en TGV ne doit pas être gâchée à l’arrivée par un système de transport public déficient ou un service de taxis approximatif». «Le centre d’affaires c’est bien, mais ce n’est pas assez» a averti Michel Leboeuf, responsable du pôle Grande vitesse à l’UIC. «Il faut donner au TGV de la résonance territoriale.»
Rabat-Salé-Kénitra en pointe
Mais «parce que la grande vitesse est un puissant facteur de productivité et qu’elle modifie profondément l’aménagement du territoire et la relation au temps et aux distances», le président de la région Rabat-Salé-Kénitra, Abdessamad Sekkal est arrivé au colloque préparé sur le sujet.
Sekkal raconte comment la région qu’il préside travaille avec un bureau d’études pour définir les opportunités d’affaires, la cohésion entre le TGV et le futur, port Kénitra-Atlantique. «Kénitra se trouve au centre d’un arc de cercle qui va de Tanger à Casablanca en passant par Fès,» a-t-il souligné.
Pour l’élu enthousiaste et positif sur le projet, il ne fait aucun doute que «l’avenir de Kénitra avec sa future usine Peugeot, sa zone industrielle et ses universités va en être transformé». Le futur TGV mettra Kénitra à moins de 50 minutes de Tanger et à 90 minutes de Casablanca. Le TGV aura quatre arrêts: Tanger-Ville, Kénitra, Rabat-Agdal et Casa-Port.
Invités également à la table-ronde consacrée «à l’appropriation du projet TGV par les élus», le président de la Région Casablanca-Settat M. Mustapha Bakkoury, absent, était représenté par Hamid Benlafdil. Le président de la Région Tanger-Tétouan-Al Hoceima Ilyas El Omari était également absent. Fès était représentée par le député et premier vice-président de la mairie, Omar Fassi Fihri.
L’ONCF promet d’autres colloques dans les régions comme celui tenu à Tanger cette semaine; mais déjà certaines villes et certaines régions ont compris que «vitesse et mobilité sont sources de compétitivité» et s’y préparent.