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ECONOMIE

La BMCE et l’ASMEX se penchent sur l’investissement marocain en Afrique de l’Est

Barrières linguistiques et culturelles, complexité du marché… la région de l’Afrique de l’Est demeure encore un vrai challenge à relever pour les opérateurs marocains. 

La BMCE et l’ASMEX se penchent sur l’investissement marocain en Afrique de l’Est
Sara El Hanafi
Le 24 mai 2016 à 16h28 | Modifié 24 mai 2016 à 16h28

Si les investissements marocains ont conquis  la région de l’Afrique de l’ouest, majoritairement francophone, l’Afrique de l’Est représente encore un terrain non conquis pour les opérateurs marocains.

C’est la problématique sur laquelle s’est penchée, ce 23 mai à Casablanca, la conférence «Discover business in Africa», organisée conjointement par  la BMCE Bank of Africa et l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX). C'est l’occasion également de relever les diverses opportunités d’investissement dans les pays phares de la région : le Kenya, l’Ethiopie, Djibouti, l’Ouganda, le Rwanda, la Tanzanie ou le Burundi.

La région réalise l’une des croissances les plus dynamiques de la région, oscillant entre 7 et 8%  et atteignant dans certains cas une croissance à deux chiffres. En 2015, les pays précités ont affiché un PIB global de 252 milliards de dollars, soit un PIB/habitant de 898$.

L’Afrique de l’est, cette zone d’«inconfort»

Ceci dit, la région présente encore quelques barrières pour les opérateurs marocains, contrairement à l’Afrique de l’Ouest où «la réputation du Maroc le précède», portée notamment par un effort et une volonté politique concrets. «En Afrique de l’Est, il faut faire l’effort supplémentaire pour se faire connaître», note un participant au conclave.

Ce manque de popularité du Maroc dans la région s’accompagne également par une présence considérable de géants économiques qui y sont déjà installés : la Chine et l’Inde, entre autres, face à qui l’offre marocaine ne semble pas être très compétitive, surtout dans un marché assez complexe : «Nous devons reconnaître que notre offre exportable [vers l’Afrique de l’Est] est très limitée», note Hicham Alaoui Bensaid, directeur des risques à Euler Hermès ACMAR.

Il poursuit : «L’Afrique de l’Est est soit en retard sur certains cycles de production, soit paradoxalement, très avancée sur d’autres, comme les télécommunications». L’exemple phare reste celui du développement du mobile banking au Kenya, alors qu’il est dans une étape embryonnaire au Maroc. Mais sur les cycles de production, où la région compte rattraper son retard, M.Bensaid estime que l’offre marocaine ne saurait tenir tête aux offres de géants comme celles des autres puissances économiques déjà installées dans la région.

Outre la concurrence internationale, beaucoup rappellent l’existence d’une concurrence locale assez rude, marquée par des ressources humaines assez qualifiées et une manière de travailler assez studieuse et pointue.

Autre entrave pour les opérateurs marocains : la barrière linguistique et culturelle. Les pays Est-africains demeurent encore trop imprégnés d’une culture anglophone. Cela va jusqu’à dépasser l’aspect linguistique ou culturel pour atteindre certaines normes industriels ou certains qualitatifs adoptés dans cette partie de l’Afrique, qui découlent pour la plupart des standards britanniques.

Ceci dit, M.Bensaid estime qu’il est important d’ériger une coopération Sud Sud-Est, de favoriser les accords commerciaux avec la région, afin de baliser le terrain aux opérateurs marocains qui désirent y investir.

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Sara El Hanafi
Le 24 mai 2016 à 16h28

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