Dialogue social, retraites, syndicats…Les déclarations du conseiller de Benkirane au site du PJD
Interviewé par le site officiel du PJD, Abdelhak El Arabi, conseiller du chef du gouvernement, a tiré à boulets rouges sur certains syndicats et leur a imputé la stagnation du dialogue. Extraits
"Nous en sommes à la troisième réunion de la commission nationale du dialogue social, mais la majeure partie des centrales syndicales campent sur leurs positions", explique M.El Arabi, dans une interview accordée au site Pjd.ma. "Cette attitude est irresponsable", ajoute-t-il.
"Cette situation a poussé le chef du gouvernement à demander aux syndicats de lui soumettre un nouveau cahier revendicatif", dit-il. "chose qui a été faite. Toutefois, ces syndicats ont redéployé les mêmes demandes que celles formulées dans le dossier initial. Pire, les nouvelles revendications ne sont pas réalistes. Ajoutons à cela le fait que certaines centrales ont renoncé à des revendications déjà approuvées par le gouvernement", regrette le conseiller.
"Le dialogue est toujours ouvert. Le gouvernement s'attelle à examiner les revendications des syndicats. Nous espérons un dialogue sérieux, à même de satisfaire les besoins des fonctionnaires à faible revenu, tout en prenant en compte les impératifs de compétitivité de l'entreprise, mais aussi de la situation économique du pays."
"La priorité sera accordée aux couches à revenus limités. Une augmentation générale des revenus s’avère très coûteuse, insupportable pour le budget de l’Etat. Le Maroc a certes assaini ses fondamentaux, mais cela ne signifie pas qu’il dispose de moyens financiers importants, d’autant plus que 2016 est une année difficile (sécheresse, effets de la crise européenne…) "
"Le gouvernement a informé les syndicats que la révision de l'IR ne concernerait que les hauts salaires, sachant que 53% des fonctionnaires ont un salaire inférieur à 5.000 DH, une tranche déjà exonérée".
"Les syndicats ont insisté sur la révision à la baisse de l'IR. Mais ils se sont rétractés quand le gouvernement a répondu favorablement à cette demande. Cette attitude illustre le comportement de certaines centrales syndicales et montre une forme d'irresponsabilité.
"Pour réformer le système des pensions civiles, le gouvernement a adopté trois critères : augmenter le taux des cotisations, retarder l'âge de départ à la retraite et baisser les pensions. Or, pour alléger le poids de la réforme, le gouvernement a proposé d'assumer la charge de l'augmentation des cotisations et de se contenter du deuxième et troisième critères pour les fonctionnaires. Mais les syndicats ont refusé cette proposition, arguant qu’elle ne concerne que les fonctionnaires. Cela, pour nous, semble curieux, car nous n'arrivons pas à comprendre selon quelle logique les syndicats refusent une proposition qu'ils ont eux même formulée.
"Quoi qu’il en soit, la réforme des retraites sera menée par le gouvernement, qui n’est pas prêt à sacrifier l’avenir de milliers de Marocains, quel que soit le prix à payer".
Concernant le blocage des discussions des projets de loi sur la retraite, Elarabi appelle la Chambre des conseillers à assumer ses responsabilités et à débloquer la situation. "Nous ne voulons pas précéder les événements et risquer un incident politique. Mais si les choses n’avancent pas, le gouvernement fera prévaloir d’autres moyens, autorisés par la Constitution."