Maroc. La météo entre changement climatique et changement de saison
Entre masses d'air froid et pluies torrentielles, des températures d'une exceptionnelle fraîcheur touchent le Maroc ces derniers jours. Réponse de la météorologie nationale.
La météo de ce mois de mai au Maroc est loin des conditions printanières. Au cours des deux premières semaines du mois courant, le Royaume a connu des épisodes pluvieux qui ont donné lieu à des précipitations sous forme d'averses orageuses à caractère local, notamment sur la majeure partie de la moitié nord du pays.
Cette situation résulte d'une intrusion d'air froid en altitude, surmontant un air chaud dans les très basses couches, nous explique la Direction de la météorologie nationale.
Et les changements climatiques?
Au Maroc, la température a connu, durant les dernières décennies, une tendance générale à la hausse, mais avec des amplitudes différenciées d’une région à l'autre. Des variations au niveau pluviométrique ont aussi été détectées, souligne la même source.
A titre indicatif, la station météorologique de Casablanca a enregistré un cumul de 20 mm durant la journée du 4 mai 2016, mais on trouve des quantités comparables sinon plus importantes dans le même registre; par exemple un cumul journalier de 27 mm a été enregistré le 2 mai 2011 dans la même ville. La ville d’Oujda a, quant à elle, enregistré 18 mm le 10 mai 2016, le maximum de précipitation journalière est de 123 mm, enregistrée le 10 mai 1968.
En termes de températures, la période écoulée de ce mois reste comparable à la normale saisonnière sur la majeure partie du pays, note la Direction.
Toutefois, les effets du changement climatique ne sont pas négligeables. "Un dérèglement de saisons se fait bien sentir", selon la météorologie nationale. Il s’agit également, ces derniers jours, d’une alternance des temps durant une même période, marquant le passage à l’été.
Attribué aux effets des émissions de gaz à effet de serre issus des activités humaines, ce changement se traduit, entre autres, par une variation des aspects moyens du climat (température moyenne, précipitation moyenne, etc.) et une variation au niveau des répartitions spatiales et temporelles des extrêmes (vague de chaleur, vague de froid, sécheresse, fortes précipitations, etc).
Pour conclure, disons que le Maroc vit le téléscopage de deux phénomènes: le changement climatique est là et ceci est aggravé par le passage d'une saison à l'autre, phénomène qui connaît traditionnellement des perturbations.