Disparition de Omar Slaoui, industriel et homme de culture et d'engagement
Grande émotion ce matin dans les milieux d’affaires et les milieux culturels. Omar Slaoui, industriel marocain fortement engagé pour son pays, pour l’économie et la culture, est décédé dans la nuit.
Cet homme discret et brillant est parti à 60 ans, foudroyé à un âge relativement jeune. Son camarade et ami Karim Tazi nous a livré son témoignage, avec une voix marquée par une forte émotion.
Omar Slaoui avait fait des études “brillantissimes“, Ponts et Chaussées, Sciences Po, puis Berkley. Il avait immédiatement après, pris la tête de Smadia, une entreprise familiale. Dans les années 90, on le retrouve dans le G14 , le fameux think tank de Hassan II, où il fut une “force motrice très discrète“ car il était à la fois brillant, avait des valeurs et était “fortement en prise avec la réalité économique du pays“.
La famille Slaoui est une famille de passionnés d’art. Au décès du père, Abderrahmane Slaoui (frère de Driss Slaoui, le conseiller de Hassan II), ses enfants ont regroupé sa collection d’art à la Fondation Slaoui, “seul musée privé notable au Maroc“.
“Omar était d’une très grande modestie et une très grande discrétion. Il avait des principes très forts, je l’admirais pour ses principes et sa probité, il était pudique, réservé, timide, avec un sens des valeurs très élevé. Il a toujours eu à cœur de servir l’intérêt du pays en priorité“.
Il était aussi jusqu’à sa maladie, un “remarquable sportif qui abattait 1.000 mètres de natation par jour, été come hiver“. “Un homme accompli, comme on disait aux 18e et 19e, un intellectuel, travailleur, aux prises avec les réalités de la vie quotidienne. Il était passionné par son pays et a suivi l’actualité jusqu’au bout du chemin“.
La famille Slaoui a toujours été très proche de la vie politique du pays, les deux frères Driss et Abderrahmane ayant eu des parcours différents. Driss fut le conseiller proche de Hassan II et Abderrahmane était plutôt proche de l’USFP des années 70 et 80, ce qui “n’était pas anodin à l’époque“. La maison de Abderrahmane Slaoui, à Anfa (Casablanca), était un lieu où s’effectuaient parfois des contacts entre l’opposition et le pouvoir.
Omar Saloui laissera beaucoup de regrets et d’amis éplorés. Médias 24 s’associe à la douleur des siens et présente à son épouse née Benhima, à sa famille et à ses nombreux amis ses condoléances les plus attristées.
Les obsèques auront lieu vendredi 13 mai à Casablanca.