Le Maroc dans la base de données des Panama Papers
Médias 24 a parcouru les données révélées ce lundi 9 mai par le Consortium international des journalistes d’investigation. Une cinquantaine de personnes et d’entreprises du Maroc ont utilisé des structures transitant par les paradis fiscaux, notamment les Seychelles et les Iles vierges britanniques.
Ce lundi, le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), un réseau représentant des journalistes dans plus de 80 pays, a mis en ligne des données relatives à plus de 300.000 entreprises, ayant été fuitées par un lanceur d’alerte depuis les archives de Mossack Fonseca, grand cabinet d’affaires basé au Panama.
Les données rendues publiques par l’ICIJ donnent l’identité des entreprises enregistrées chez le cabinet d’affaires, mais également les liens qu’elles entretiennent avec des entreprises et personnalités nationales. Le consortium n’a, en revanche, pas publié les données bancaires et les correspondances, qui ont également été remises par le lanceur d’alertes aux journalistes.
En parcourant les données relatives au Maroc, il ressort que plus d’une soixantaine de personnes basées au Royaume ont eu recours à des structures transitant par les paradis fiscaux. Celles-ci sont au nombre de 41.
Une structure facilitatrice, appelée “intermédiaire” dans la base de données, permet la connexion avec les entreprises ouvertes dans les paradis fiscaux et particulièrement les Seychelles et les Iles vierges britanniques.
Cette structure, Basileus Offshore, est une Sarl à associé unique, basée à Tanger. Dotée d’un capital de 10.000 euros, Basileus Offshore a pour mission, d’après le registre de commerce, de gérer des portefeuilles de participations dans des entreprises au Maroc et à l’étranger.
La grande majorité des entreprises citées sur le volet marocain des Panama Papers communique avec cet “intermédiaire”. Sur la base de données des personnes physiques, plusieurs profils sont identifiés: de hauts commis de l’Etat, jusqu’à certains cadres et membres de professions libérales, en passant par des hauts fonctionnaires.
Les informations publiées par l’ICIJ n’exposant pas les flux financiers entre les structures locales et celles basées dans les paradis fiscaux, on ne peut pas à ce stade identifier la nature des transactions qui passent par ce vaste réseau. Dans certains pays, la justice a diligenté des enquêtes, afin de démêler ces affaires et d’en vérifier la légalité.
Pendant ce temps-là, une large campagne menée par des économistes, des académiciens et des anciens des institutions financières internationales, s’est adressée aux dirigeants des puissances occidentales, afin de mettre fin aux paradis fiscaux, dont la plupart se trouvent sur des territoires relevant de l’autorité du Royaume-Uni. Dans une lettre adressée à David Cameron, qui s’apprête à présider le Sommet de Londres cette semaine, 300 personnalités, dont Thomas Picketty, ont plaidé en faveur de la fin du secret bancaire.