Céramique. L’état des stocks inquiète les industriels du secteur
Alors qu’une enquête sur le dumping dans le secteur se prépare, les céramistes s’alarment de l’état des stocks qui ne cessent de grimper, provoquant de nombreuses fermetures temporaires.
Le bilan du premier trimestre 2016 a confirmé les inquiétudes des industriels de céramique.
Plusieurs fermetures temporaires d’usines ont eu lieu au cours les trois premiers mois de l’année. "Dans certains cas, elles ont atteint 17 jours consécutifs", selon Mohsine Lazrak, président de l’association professionnelle des industries céramiques (APIC). "Elles ont été motivées par un ralentissement de la commercialisation qui s’est traduit par une augmentation exponentielle des stocks. Nous ne pouvions plus continuer à produire", souligne-t-il.
«La demande nationale a stagné, les importations quant à elles ont progressé de 25% au cours du premier trimestre de l’année. Celles d’Espagne, représentant 50% du total des importations, ont grimpé de 55% en volume et 45% en valeur, par rapport au premier trimestre de 2015. C’est énorme», poursuit-il.
Que faire alors? «Nous demandons que la loi soit appliquée, que des contrôles douaniers soient effectués systématiquement sur les marchandises importées. Et que les produits non conformes ne soient plus autorisés à être commercialisés, comme c’est le cas aujourd’hui», s’indigne M.Lazrak.
Lundi 7 mars 2016, l’Association professionnelle de l’industrie de la céramique (APIC) avait déposé une requête antidumping contre l'importation de carreaux espagnols; une mise à jour d’une précédente requête soumise au département du Commerce extérieur en octobre 2015, demandant que des mesures anti-dumping soient appliquées contre l’importation de produits ibériques.
Selon l’APIC, les carreaux espagnols sont importés à moins de 35 DH/m2. Le prix d’un carreau marocain se situe, quant à lui, aux alentours de 45 DH, au minimum.
La requête a été validée. Une enquête sera lancée au cours de cette semaine, selon des sources bien informées. Elle permettra de statuer sur le bien-fondé de la demande des céramistes. «Je ne peux ni confirmer ni infirmer cette date», s’est contenté de nous répondre Said Maghraoui, directeur de la politique des échanges commerciaux au ministère de l’Industrie et du commerce.