Médicaments. Un courrier des pharmaciens paralyse l’officine de la CNOPS
La pharmacie de la CNOPS connaît une rupture de stock concernant de nombreux médicaments. En cause, un courrier envoyé aux laboratoires pharmaceutiques les appelant à ne plus approvisionner ce gestionnaire de l’AMO.
Depuis 10 jours, la pharmacie de la CNOPS connaît une rupture de stock pour de nombreux médicaments.
A l’origine de cette situation, un courrier signé conjointement par le CNOP (Conseil national de l'ordre des pharmaciens) et le Conseil de l'ordre des pharmaciens fabricants et répartiteurs et envoyé, le 29 mars, aux laboratoires pharmaceutiques. Il leur est demandé de «cesser d’approvisionner la CNOPS et d'observer strictement les dispositions législatives et réglementaires relatives au circuit légal de distribution des médicaments».
En effet, la CNOPS, en tant que gestionnaire de l’AMO, devait fermer sa pharmacie en 2008. Elle a obtenu une prorogation jusqu’en 2015. Mais depuis l’année dernière, elle n’est plus habilitée à disposer d’une pharmacie. Elle continue cependant de le faire, se plaçant en dehors de la loi.
Le courrier du 29 mars n'y va pas par quatre chemins. Il menace de "prendre les mesures nécessaires à l'encontre des pharmaciens responsables des établissements pharmaceutiques ne respectant pas les dispositions législatives et réglementaires".
Selon une source autorisée à la CNOPS, «deux laboratoires ont cessé d’approvisionner la pharmacie, qui assure habituellement la desserte de médicaments coûteux». Il ajoute que «des assurés qui se sont présentés à cette pharmacie n’ont pas trouvé leurs médicaments pour l'hépatite, la polyarthrite, les hormones de croissance ou la dialyse».
Les deux ordres de pharmaciens se réfèrent à une convention signée le 15 mars dernier entre la CNOPS et la CNSS, pour la prise en charge des médicaments coûteux en officine. «Non seulement cette convention n’est pas encore entrée en vigueur, car il faudra attendre deux mois après la publication de cette convention au BO, mais la CNOPS n’a même pas été avertie de la démarche du CNOP», précise la même source.
En réaction, le 19 avril dernier, la CNOPS a saisi le ministre de la Santé, "pour dégager toute responsabilité quant à la non disponibilité desdits médicaments, qui engagent le pronostic vital des assurés".