Les élues plaident pour une meilleure représentativité féminine en politique
Trois familles de recommandations ont été émises en 2015. Elles concernent l'inscription des électeurs, l'administration électorale et les bureaux de vote.
L'ONG néerlandaise Gender concerns international a organisé, mercredi 4 mai à Rabat, une consultation interactive avec plusieurs femmes élues des conseils communaux, afin de réfléchir sur les moyens à même de promouvoir la participation des femmes marocaines dans la vie politique.
En collaboration avec le Conseil national des droits de l'homme et le ministère des Affaires étrangères néerlandais, cette rencontre vise à faciliter le leadership des femmes et leur participation inclusive en politique. A quelques mois de la tenue des élections législatives, l'heure est à la réflexion sur les mécanismes à mettre en place pour la promotion de la représentativité des femmes.
La directrice de GEOM (Gender election observation mission), Sabra Bano, a présenté le rapport final, confrontant les recommandations émises à la lumière des récentes élections communales et régionales. Elles tiennent en une phrase: "les objectifs genre contenus dans la Constitution n'ont pas encore été atteints", d'après les termes de la directrice de l'organisation.
Et pour cause, 3 familles de recommandations ont été émises en 2015. Elles concernent l'inscription des électeurs, l'administration électorale et les bureaux de vote.
Dans le détail, l'inscription dans les registres reste un point faible, en particulier pour les femmes. Les campagnes de sensibilisation et d'information sur la façon d'obtenir les cartes d'identité auraient dû être soutenues de manière à atteindre les femmes alphabétisées ou non, dans les zones rurales et urbaines.
De plus, il aurait fallu, selon l'ONG, créer une unité "genre dans les élections", au sein de l'organe en charge de la gestion des élections, afin de superviser l'inclusion des femmes dans les différents aspects du processus électoral. Il en est de même pour le nombre de femmes chargées de la mission d'observation. Leur nombre reste, selon Gender Concerns, très insuffisant.
Concernant le déroulement des votes, l'organisation regrette le manque d'implication des femmes dans la coordination à l'intérieur des centres de vote et recommande l'augmentation du nombre de personnel de sécurité féminin, tout en veillant à offrir les meilleures conditions d'exercice du droit de vote aux femmes malades, enceintes ou souffrant d'un handicap.
Les consultations, qui se sont déroulées mercredi, ont donné lieu à de nombreuses recommandations communes, en amont de la préparation des prochaines élections législatives. La sensibilisation à la nécessité d'une participation des femmes revêt une importance de premier ordre. Elle devrait, selon les élues locales, être destinée tant aux femmes qu'aux hommes. Cela passe, par ailleurs, par le renforcement du réseau des candidates élues. Les consultations ont abouti à la recommandation suivante: créer des instances de parité au sein des différents conseils communaux et veiller à les rendre opérationnelles... Encore faudrait-il la concrétiser.