L'administration pénitentiaire boycotte l'AMDH
En réaction au rapport 2015 de l'Association marocaine des droits humains, dans son volet relatif à la situation des prisons marocaines, la Délégation générale à l'administration pénitentiaire décide de rompre tout contact avec l'AMDH.
Le rapport, présenté le 21 avril à Rabat, a "contenu de nombreuses allégations et des assertions erronées, qui n'ont rien à voir avec l'action juridique sérieuse et responsable, à l'instar de l'assertion faisant état de 120 cas de décès, dont 19 pour des raisons ambiguës", précise la Délégation générale à l'administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) dans un communiqué.
Commentant les 120 cas de décès évoqués dans le rapport, dont 19 pour des "raisons ambiguës", l'administration pénitentiaire souligne que 80% des cas de décès au sein des établissements pénitentiaires concernent des personnes qui souffraient, de leur vivant, de maladies chroniques et incurables, et qui ont toutes bénéficié d'un suivi médical, tant au sein de l'établissement pénitentiaire qu'au sein des hôpitaux publics.
Dans ce sens, la délégation affirme qu'aucun cas de décès n'a été enregistré pour cause de torture ou de négligence médicale en 2015, conformément aux résultats de l'autopsie que subissent toutes les personnes décédées, sur instructions du parquet général compétent, relevant que 82% des décès sont survenus dans les hôpitaux publics et non pas à l'intérieur des établissements pénitentiaires.
Selon la même source, 66% des cas de décès recensés au niveau des différents établissements pénitentiaires concernent des personnes condamnées à des peines inférieures à 18 mois et sont survenus prématurément, ce qui dénote que ces décès n'ont rien à voir avec les conditions d'incarcération, mais sont liés plutôt à des maladies antérieures à l'admission des victimes au sein des établissements pénitentiaires.
Le taux de décès au sein des établissements pénitentiaires, qui est de 2 pour mille, reste inférieur par rapport au taux enregistré au niveau national, qui est estimé à 5,6 pour mille, note le communiqué.
La DGAPR demeure consciente du problème de surpopulation et de ses répercussions sur les conditions d'emprisonnement, soutient le communiqué, affirmant, toutefois, que le nombre des établissements concernés par ce phénomène reste limité et que la Délégation s'emploie à en alléger l'ampleur, en procédant à la construction de nouvelles prisons, en attendant l'adoption des peines alternatives.
Concernant la nourriture servie aux détenus, qualifiée par l'AMDH de "faible sur les plans quantitatif et qualitatif", la DGAPR précise que cette prestation a été confiée à des sociétés spécialisées dans le domaine de la restauration collective, de même qu'elle procédé à l'augmentation des calories réservées à chaque détenu.
"Cette association, qui prétend la défense des droits de l'homme, opère d'une manière sélective en ce qui concerne les prisons, en prenant la défense de certains cas particuliers, comme si le reste des pensionnaires des établissements pénitentiaires ne répondaient pas aux critères requérant son intervention", explique encore la DGAPR.
"Pour ces motifs, et étant donné que le rapport de l'AMDH comporte des généralités qui n'ont rien à voir avec l'observation objective et neutre de ce qu'elle avance comme violations des droits de l'homme dans les prisons, la DGAPR a décidé de rompre tout contact avec cette association et de ne pas répondre à ses correspondances et requêtes formulées sur les plans central et régional, ainsi qu'au niveau de toutes ses sections", conclut le communiqué.