Dialogue social: Une réunion décisive jeudi 28 avril
La 5e réunion de la commission technique du dialogue social, qui s’est tenue lundi 25 avril, n’a abouti à aucun progrès notable. Le gouvernement veut absolument signer un accord avant le 1er mai. Les positions divergentes des syndicats et du gouvernement font craindre le contraire.
Les négociations, qui ont duré cinq heures, lundi 25 avril, ont vu chaque partie camper sur ses positions. Un poker menteur, où chacun attend de voir si son adversaire finira par craquer, pour abattre ses cartes.
Un membre du patronat, s’exprimant sous couvert d’anonymat pour Médias 24, affirme que le gouvernement refuse toujours de céder aux doléances syndicales sur l’amélioration des revenus.
«Pour l’instant, cela bloque, à cause du refus catégorique d’augmenter les salaires dans le secteur public (600 DH demandés par les syndicats) et sur le suspense entretenu par le gouvernement pour une éventuelle baisse de l’impôt sur le revenu des fonctionnaires», confie notre source.
La seule vraie concession du gouvernement concerne les allocations familiales, qui seront augmentées de 100 DH, décision qui sera applicable également au privé, car le gouvernement préside le conseil d'administration de la CNSS et se fait fort de faire passer cette mesure. Le gouvernement a évoqué des simulations au sujet d'une baisse de l'IR, laissant entendre que l'impact budgétaire qui en résulterait serait trop important.
Il est également question qu'il accepte une extension de la couverture sociale aux parents, pour les salariés du secteur public.
La fermeté gouvernementale bloque tout progrès sur le dossier des retraites, car les syndicats font de l’amélioration des revenus un préalable à toute concession sur la réforme paramétrique des retraites (augmentation de l’âge de la retraite, baisse des pensions, augmentation des cotisations).
«Les syndicats se sont dits prêts à lâcher du lest sur un des paramètres de cette réforme, en échange d’une augmentation préalable des salaires ou d’une baisse de la fiscalité des revenus publics, mais ils n’ont donné aucun détail sur l’effort concret qu’ils sont prêts à consentir», ajoute ce membre du patronat.
Selon notre interlocuteur, les représentants syndicaux réclament toujours que les cotisations de retraite soient payées à 66% par l’Etat et 33% par les employés, comme dans le secteur privé. Le gouvernement veut imposer un coefficient de 50%-50% entre l’Etat et les salariés.
Concernant le relèvement de l’âge de la retraite, les syndicats réclament une augmentation des pensions si les salariés travaillent trois ans de plus (sur la seule base du volontariat).
«Même si l’Etat accepte d’augmenter certaines pensions minimes de retraites, il est catégorique sur le fait que tous les fonctionnaires devront travailler plus longtemps pour renflouer les caisses de la CMR (Caisse marocaine des retraites). Le caractère facultatif est donc une option inacceptable pour lui».
Un syndicaliste a affirmé à Al-Majalla 24 que sans geste gouvernemental conséquent pour améliorer directement ou indirectement les revenus, la situation restera dans l’impasse et n’aboutira pas à la signature d’un accord.
Malgré l’absence de perspective rapide, les parties en présence n’ont pas menacé de quitter la table des négociations et se sont donné rendez-vous mercredi 27 avril pour continuer leurs tractations.
Notre source du patronat poursuit que cette réunion de la commission technique sera certainement la dernière et qu’elle devrait être suivie jeudi 28 avril par une plénière, avec le chef du gouvernement.
«Au vu de la tournure des négociations, il est fort probable que notre réunion de mercredi soit décisive et sera l’occasion pour chaque partie d’abattre ses cartes. Si c’est le cas, après validation par Abdelilah Benkirane, l’accord final pourra être ficelé et signé jeudi 28 avril, lors de la réunion plénière».
Contacté par Médias 24, le ministre de la Fonction publique et de la modernisation de l’Etat, Mohamed Moubdii, très peu disert, s’est dit persuadé de finaliser un accord avant le 1er mai prochain.
Pour rappel, Benkirane propose d’augmenter les allocations familiales à 300 DH/enfant contre 200 DH actuellement dans la limite de 3 enfants et 136 DH au lieu de 36 DH à partir du 4e enfant. Les syndicats demandent 400 dirhams/enfant, quel que soit le nombre d’enfants à charge.
Le chef du gouvernement veut augmenter la prime de naissance de 150 à 500 DH, alors que les syndicats avancent un montant de 1.000 DH. Il consent aussi à aligner le montant du SMAG sur celui du SMIG, mais ses vis-à-vis veulent un calendrier et des détails.