Baromètre Tizi-Averty. Benkirane perd en popularité, mais demeure favori pour les prochaines élections
Ce sondage réalisé par Internet auprès de 1098 personnes révèle une baisse significative de la cote de popularité de Benkirane. Elle est passé de 62% en 2015 à 48,5 en 2016. Ce taux dépassait les 80%, il y a quatre ans de cela.
Les résultats de la cinquième édition du baromètre semestriel politique, réalisé conjointement par le réseau Tariq Ibnou Ziad initiative et l'Institut d'enquêtes et de sondages d'opinion Averty Market Research & Intelligence, viennent d’être dévoilés. Le sondage, réalisé en partenariat avec notre confrère Telquel, a été effectué au cours des mois de février et mars 2016 par Internet, auprès de 1.098 Marocains âgés de 18 ans et plus, répartis dans toutes les régions du Maroc et pouvant s’exprimer en arabe ou en français.
Voici les principaux résultats de ce sondage:
Sur un an, la confiance en Abdelilah Benkirane a baissé de 13 points
La cote de confiance du chef de gouvernement a atteint 48,5 % en février- mars 2016 , contre 62% en janvier 2015, soit une baisse de 14 points. Ce taux dépassait 80% en janvier 2012.
La satisfaction quant à son action s’est également inscrite à la baisse, passant de 54% à 45% sur une année.
-En termes de catégories socioprofessionnelles (CSP), le sondage, révèle que «la confiance au chef de gouvernement demeure relativement homogène (entre 45% et 56%), avec toutefois un phénomène nouveau, le niveau de cote de confiance augmente avec le niveau de revenus».
*L’enquête dévoile que chez les CSP A et B, la confiance à l’égard du chef du gouvernement est la plus haute et continue de s’améliorer, atteignant quasiment son plus haut niveau de tout le mandat, en passant de 33% en juillet 2014 à 56% en mars 2016.
*Du côté de la CSP C, la cote de confiance de Benkirane baisse de 13 points en un an, en passant de 61% à 48%.
*Elle perd 20 points chez les CSP D & E, en passant de respectivement 66% à 47% et de 70% à 50%. Ces eux catégories témoignaient à l’égard de Benkirane du taux de confiance le plus élevé.
-En termes de genre, la baisse la plus significative a été constatée auprès des hommes, passant de 69% à 52% en un an. Du côté des femmes, elle est passée de 55% à 45%, sur la même période.
-En termes de localisation géographique, la baisse a été générale sur tout le royaume, mais nuancée selon les régions.
*Sa cote de popularité ne perd que 5 points dans le nord du pays.
*Dans l’axe Casa/Rabat et dans le sud du Pays, la baisse est de 11 points,
* A l’intérieur du pays, la cote de confiance du chef de gouvernement chute de 28 points, «plus forte baisse constatée, tous critères confondus», précise le rapport.
-En termes d’âge, la baisse de confiance a failli être générale. Le salut est venu des séniors.
* Auprès des 18-35 ans, la cote de Benkirane a baissé de 15 points, en passant de 70% à 56% sur un an)
* chez les 35-55 ans, elle passe de 66% à 46% contre 66%
* Chez les plus de 55 ans, sa cote de confiance se maintient à 47% depuis un an.
Selon le rapport, «si les répondants ont l’impression que Benkirane est moins proche de leurs préoccupations (46% en mars 2016 contre 57% en janvier 2015), près d’un Marocain sur deux continue à penser qu’il dirige bien son gouvernement (48% en mars 2016 contre 40% il y a un an) ».
Akhannouch toujours en forme, Belmokhtar. Mezouar, El Haité et Afailal en chute libre
«La plupart des ministres voit leur cote de confiance baisser, depuis un an», prévient d’emblée le rapport. «Néanmoins, certains ministres inspirent toujours confiance aux sondés». Sans surprise, on retrouve en tête du peloton Aziz Akhannouch avec un score de 6,2/10. Il est suivi d’El Hossein El Ouardi (5,9/10), Mbarka Bouaida (5,8/10) et Najib Boulif (5,6/10).
Dans la catégorie des mauvais scores, Rachid Belmokhtar, Salaheddine Mézouar, Hakima El Haîté et Charafat Afailal voient leur cote de confiance chuter de 40 points en 1 an.
Ils sont suivis par Mustapha El Khalfi (-25 points), Lahcen Daoudi (-23 points), Mustapha Ramid (-17 points), Moulay Hafid Alamy (-17 points.
Khalfi, Rebbah, El Ouafa et Benabdellah, les 4 célébrités du gouvernement
Le top five des ministres les plus connus se présente comme suit :
- Mustapha El Khalfi (78% de notoriété),
- Aziz Rebbah (77%),
-Mohamed El Ouafa (75%),
-Nabil Benabdellah (74%)
- Mustapha Ramid (73%).
Les ministres ayant fait l’objet de polémique font l’objet de la plus forte progression en termes de notoriété :
-Hakima El Haité (passant de 25% à 45%),
-Charafate Afailal (passant de 33% à 44%),
- Rachid Belmokhtar (passant de 46% à 53%).
Les ministres les moins connus restent les mêmes :
-Mohammed Abbou (12%),
- Mamoun Bouhadhoud (13%)
- Fatima Marouane (18%) et
- Driss Dahaq (20%)
- Abdelaziz El Omari (25%).
Mais qui succèderait à Benkirane ?
En tête de liste, on retrouve:
-Abdelilah Benkirane lui-même, avec un taux de 45%,
-Ilyas El Omari (15%),
- Nabila Mounib (8%),
-Salaheddine Mezouar (5%),
-Nabil Benabdellah (3,5%)
-et Hamid Chabat (2%).
Majorité et opposition n’inspirent pas confiance
En janvier 2015, seuls 51% des répondants témoignaient leur confiance au champ politique marocain. Entre temps, les choses ont empiré et ce taux est passé à 41%, en mars 2016.
En matière d’efficacité, le rapport révèle qu’un Marocain sur deux estime que ce gouvernement est plus efficace que le précédent.
Cela n’impacte pas positivement sa confiance dans l’actuel gouvernement, dont la cote est passé de 58% à 48% en une année. Malgré la baisse, elle demeure largement supérieure à la cote de l’opposition, totalisant à peine 17%.
«Selon les sondés, l’opposition a, en un an, beaucoup perdu en visibilité et en crédibilité (-12 points), et également en sérieux», souligne le sondage.
Flop : Pouvoir d’achat et emploi
-Sur les 9 sujets soumis au sondage, trois sujets se distinguent en termes de satisfaction avec une note proche de 5/10. Il s’agit de :
* la Sécurité nationale,
* la lutte contre la corruption,
* les transports
-Les plus fortes insatisfactions touchent le pouvoir d’achat et l'emploi (notés à 3/10), tous deux en baisse sur un an.
Enseignants-stagiaires et retraite, deux sujets qui fâchent
61% des répondants pensent que la crise avec les enseignants stagiaires a été mal gérée.
Autant de sondés affichent leur désaccord avec l’allongement de l’âge de la retraite, de 60 à 63 ans.