Dialogue social: Discussions frontales sur l’amélioration des revenus
La commission technique chargée de préparer le dialogue social s’est réunie jeudi 14 avril. Les travaux de cette première réunion se sont soldés par la simple présentation des propositions de chacune des parties, pour améliorer les revenus des salariés.
La reprise du dialogue social ne s’est pas faite sans difficultés, entre le gouvernement et les partenaires sociaux, qui se sont affrontés sur l’ordre du jour devant baliser le terrain à un accord final.
Selon un syndicaliste de la FDT, témoignant sous couvert d’anonymat, la réunion a connu un démarrage agité, après la tentative avortée de Mohamed Moubdi, ministre de la Fonction publique et de la modernisation de l’Etat, d’axer les discussions sociales sur le seul dossier des retraites.
«L’ensemble des syndicats présents ont refusé de démarrer les travaux de la commission technique, car le mardi 12 avril, nous avions convenu avec Benkirane et ses ministres de commencer le dialogue social par l’examen des moyens d’améliorer les revenus des travailleurs», ajoute-t-il.
Suite au refus des syndicalistes de changer l’ordre du jour, le ministre a fait machine arrière, en acceptant de discuter du niveau des salaires, de l’impôt sur le revenu et des pensions de retraite.
De 10 heures du matin à 6 heures du soir, les échanges entre les représentants syndicats, de la CGEM et du gouvernement ont donc porté sur les propositions de chacun, pour améliorer les revenus
Satisfait, le front syndical a fait part de sa volonté de faire procéder à une augmentation des salaires dans le secteur public et privé, des pensions de retraites et de baisser l’impôt sur le revenu.
Très optimiste sur l’issue des négociations, Moubdii, joint par notre rédaction, a déclaré que la réunion s’est passée dans un climat convivial, même s’il a refusé de détailler le pack gouvernemental.
«Nous avons écouté les propositions syndicales concernant l’amélioration des revenus des salariés. Même si les choses vont dans le bon sens, nous sommes toujours au stade des discussions, car il ne faut pas aller plus vite que la musique. La réunion d’hier, qui va se poursuivre ce vendredi 15 avril après-midi, a permis d’écouter et d’évaluer les propositions de chacun des partenaires sociaux», déclare le ministre.
Plus prolixe, Hicham Zouanat, président de la Commission emploi et relations sociales à la CGEM, nous a livré des détails sur les moyens gouvernementaux de faire avancer les négociations en cours.
«Nous avons senti une volonté du gouvernement de faire un effort conséquent sur ce dossier. Le ministre a parlé de revalorisation des allocations familiales pour les salariés du secteur privé et public, d’augmentation du montant de certaines pensions de retraite, d’une baisse de l’impôt sur le revenu pour les bas salaires,, ainsi que d’une défiscalisation pour les secteurs où l’Etat opère un désengagement. Des abattements fiscaux de 10 à 20% pourront concerner les parents qui envoient leur enfant au lycée privé, au même titre que les acquéreurs d’une habitation principale».
Malgré les débats sereins soulignés par les uns et les autres, deux approches prédominent, car le gouvernement veut améliorer indirectement les revenus, alors que les syndicats sont pour leur augmentation directe.
Les travaux de la commission vont se poursuivre jusqu’à la réunion décisive du 19 ou 20 avril, qui se déroulera en présence de Abdelilah Benkirane. Nos sources s’accordent à dire qu’il est peu probable que le ministre Moubdii fasse une offre définitive aux syndicats, pour pouvoir laisser l’effet d’annonce à son chef de gouvernement et lui laisser la paternité de l’éventuelle réussite du dialogue social.