Réforme des retraites: Nouveau round Benkirane-syndicats
Le dossier de la réforme des retraites va-t-il enfin être débloqué? Le chef du gouvernement reçoit mardi 12 avril les dirigeants de cinq syndicats. Ces derniers espèrent un dialogue plus élargi que le seul dossier des retraites. L'issue est incertaine.
Les dirigeants des syndicats UMT, FDT-Azzouzi, CDT, UGTM et Sne-sup sont attendus mardi à 10Hh00 au siège de la primature à Rabat. A force d’insistance, ils ont obtenu qu’un ordre du jour précis soit fixé au préalable.
C’est dimanche 10 avril qu’ils ont finalisé cet ordre du jour, au cours d’une réunion avec le directeur de cabinet de Benkirane, Jamaâ Moatassim, accompagné de représentants de l’Intérieur et des secteurs concernés, tels que les Finances et l’Emploi.
L’ordre du jour prévoit cinq points, apprend-on de source syndicale :
-les salaires;
-les revenus;
-les pensions;
-la réforme des retraites;
-les libertés syndicales.
Abdelilah Benkirane sait qu’il est en année électorale et que cette réforme a traîné. Il veut être celui qui a réussi à la réaliser. Sa marge de manœuvre est mince, mais il a du ressort et il est capable de céder sur des points accessoires, pour faire passer l’essentiel. L’essentiel, c’est-à-dire une réforme dont tous les acteurs reconnaissent le caractère impérieux et vital.
Les syndicats refuseront la méthode précédemment utilisée par le gouvernement et qui consiste à “diluer“ chaque dossier dans une commission ad hoc. Cette fois-ci, ils affirment vouloir tout traiter dans le cadre d’une seule et unique commission nationale.
La position qui sera défendue par les syndicats, apprend-on de même source, sera de demander des hausses de salaires, des pensions et une baisse d'impôt. Les syndicats affirment qu’ils écouteront attentivement les contre-propositions du gouvernement.
Miloudi Moukharik, secrétaire général de l’UMT, a déclaré à Al-Majalla 24 vouloir un dialogue “pragmatique et concret“, plutôt qu’un échange de généralités et de slogans.
Concernant la réforme des retraites des fonctionnaires, il considère qu’il y a deux lignes rouges: la baisse des pensions et la hausse de l’âge de départ à la retraite. Le recul de l’âge de départ doit être selon lui facultatif, pour obtenir une meilleure pension. Les syndicats vont également exiger que les nouvelles cotisations soient payées au tiers par le salarié et aux deux tiers par l’Etat.