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Enseignants stagiaires: Benkirane n'accepte pas la médiation du PAM

Encore un espoir avorté: l'espoir d'une solution du dossier des enseignants stagiaires s'éloigne. Abdelilah Benkirane rejette toute intrusion dans le champ du gouvernement et n'accepte pas la médiation de cinq partis conduite par le PAM. 10.000 stagiaires marocains risquent de rester sur le carreau.

Enseignants stagiaires: Benkirane n'accepte pas la médiation du PAM
R. B.
Le 1 avril 2016 à 15h30 | Modifié 11 avril 2021 à 2h38

Intervenant jeudi 31 mars à l’ouverture du Conseil de gouvernement, le chef du gouvernement a implicitement opposé une fin de non recevoir à la médiation de six partis politiques, sous la conduite du PAM. Ce n’est pas la première médiation qu’il refuse. D’autres sollicitations, par exemple de la société civile, sont restées sans réponse.

L’espoir qui est donc né de l’initiative du PAM à laquelle se sont associés l’USFP, le RNI, l’Istiqlal, le MP et le PPS, est donc tombé à l’eau.

La situation appelle plusieurs remarques.

Le chef du gouvernement apporte des arguments de bon sens à sa position: il évoque la nécessité de séparer la formation du recrutement. Et c’est en effet grâce à lui et à sa fermeté que les protestations endémiques des diplômés chômeurs se sont arrêtées.  Ceci pour le fond. Il reste à voir la manière.

M. Benkirane n’avait pas respecté un accord (conclu en avril 2011 et qui a fait l'objet du fameux pv de juillet 2011) signé par le Premier ministre de l’époque, Abbas Fassi, pour recruter plusieurs milliers de diplômés chômeurs. Pourtant, il savait que cet accord existait et que la signature du Premier ministre de l’époque était authentique. Cela ne l’a pas empêché de la contester et de contester sa légalité. La justice lui a donné raison. Mais, politiquement parlant, il n’en demeure pas moins qu’il n’a pas respecté l’engagement de son prédécesseur.

Dans le cas des enseignants stagiaires, il y a également des questions de fond et d’autres non moins importantes, qui relèvent de la forme et de la procédure.

Comme disent les juristes, le droit, c’est la preuve. Les deux décrets sur lesquels se base le gouvernement ont été publiés APRES l’admission des enseignants stagiaires. Peuvent-ils leur être opposables? Le gouvernement affirme que les concernés étaient au courant. Peut-être. Mais il fallait leur faire signer un engagement.

10.000 candidats (environ) ont été admis à suivre cette formation d’enseignants. Mais il n’y a que 7.000 postes budgétaires prévus pour septembre prochain. Se basant sur le principe de séparation entre la formation et  le recrutement, M. Benkirane n’y voit qu’une situation normale. Pour lui, les 3.000 qui ne seront pas retenus auront au moins bénéficié d’une formation et ils pourront tenter leur chance dans le privé.

Benkirane ouvrant le Conseil de gouvernement du 31 mars: il n'y a pas de médiation et il y a un seul gouvernement.

Devant l’étendue de la mobilisation, le gouvernement a accepté de s’engager sur le recrutement des 10.000 (à condition qu’ils valident les cours et les examens) et ce, en deux vagues: 7.000 selon le calendrier prévu en juillet, puis 3.000 le 1er janvier 2017.

Les enseignants stagiaires ont demandé un engagement écrit. M. Benkirane s’est engagé oralement, certes dans une vidéo. Les concernés ont estimé cet engagement insuffisant. Et ils argumentent en citant le précédent des diplômés chômeurs, puisque M. Benkirane lui-même s’est basé sur des considérations juridiques pour refuser d’appliquer un accord authentique signé par le Premier ministre de l’époque. Refus du gouvernement.

Devant le pourrissement de la situation, le Chef du gouvernement a menacé de décréter une année blanche. Il n’en a rien été. Année blanche signifie en effet droit de rempiler l’année suivante. En réalité, les enseignants stagiaires risquent de tout perdre: bourse et bénéfice de l’examen réussi en juillet dernier pour accéder à cette formation. Ils risquent tout simplement de quitter les études.

Le second point, c’est le raidissement. Après une première concession sur les recrutements en deux vagues, le gouvernement refuse de négocier. “Si nous ouvrons cette porte, les revendications ne finiront jamais et nous retomberons dans le problème des diplômés chômeurs“.

Oui, mais est-ce une raison pour refuser de fournir des garanties écrites, sur un engagement officiellement pris par le gouvernement?

L’ambiance aujourd’hui est à la fermeté. Et la fermeté ici est présentée comme une vertu. En ce printemps 2016, c’est le prix fixe. On ne marchande pas. C’est à prendre ou à laisser. “Intaha al kalam“, phrase fétiche du chef du gouvernement.

Il ne s’agit pas de fermeté, mais de rigidité, accusent des adversaires du chef du gouvernement. “C’est comme si M. Benkirane en faisait une affaire personnelle“, commente une personnalité, qui a pris une part active dans les discussions sous l’égide du wali de Rabat. Depuis la dernière réunion avec le wali, qui remonte à deux mois environ, le contact est pratiquement rompu avec le gouvernement. M. Benkirane n’a pas répondu à des sollicitations de médiation venues de la société civile.

Toujours le principe du prix fixe: tu achètes ou tu t’en vas.

Enseignants stagiaires: Benkirane n'accepte pas la médiation du PAM

Depuis la mi-mars, l’affaire a pris un tour plus politique.

A cette date, un communiqué du PAM annonce une initiative commune PAM-USFP pour dépasser les malentendus entre gouvernement et enseignants stagiaires. Une lettre est adressée au chef du gouvernement, sollicitant un rendez-vous (cf. fac similé de la lettre en arabe). Ilyas Elomari rencontre la coordination des enseignants stagiaires et également Nabil Benabdellah, secrétaire général du PPS et allié de confiance de Benkirane.

Elomari élargit ensuite son initiative pour qu’elle englobe 6 partis au total : PAM, USFP, PPS, RNI, Istiqlal et MP. Trois d’entre eux sont alliés au PJD, au sein du gouvernement.

Au début de cette semaine, Elomari rencontre de nouveau les enseignants stagiaires et leur annonce une réponse dans les 24 heures, probablement mardi.

Jeudi, la réponse arrive, par la bouche de Benkirane : il y a un seul gouvernement, pas deux et tout cela est assaisonné de considérations peu amènes à l’encontre d'une “certaine presse“.

Bref, il n’y a pas de médiation. Retour au prix fixe.

Benkirane s’est-il braqué lorsqu’il a vu une médiation conduite par Ilyas Elomari? Possible.

A-t-il estimé que le gouvernement est son territoire et a-t-il réagi d’une manière agressive, pour chasser les intrus? C’est probable. Comme pour tout animal (politique) qui défendrait son territoire et son espace vital.

Au final, pour Ilyas Elomari, le coup était politiquement imparable:

-soit Benkirane accepte la médiation, il met en évidence l’incapacité du gouvernement à régler le problème et accepte l’intrusion de son principal rival dans son pré-carré;

-soit il la refuse et apparaît comme celui qui a refusé d’examiner des propositions capables de résoudre un problème qui touche 10.000 jeunes.

Benkirane a refusé. Il n’avait pas vraiment le choix. Que deviendront les 10.000 jeunes? Que vont-ils faire? Plus le temps passera, et plus le coût politique pour Benkirane sera élevé.

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R. B.
Le 1 avril 2016 à 15h30

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