Sahara: Podemos et ERC critiques envers le Maroc
Sans surprise, Podemos et les Catalans d’ERC "regrettent" les décisions prises par la Maroc envers la Minurso, mais ne condamnent pas.
En revanche, pas un mot sur Ban Ki-moon qui se rend dans le no man’s land de Bir Lahlou et parle d’"occupation" sur un dossier de décolonisation et de souveraineté marocaines.
Certains milieux politiques catalans et madrilènes souhaitent se "décoloniser" de l’Espagne, mais ils ne souhaitent pas que le Maroc décolonise ses territoires, après le nord du pays et le centre en 1956, Tarfaya et Ifni dans les années 1960 et le Sahara en 1975-76.
Pour la plupart des petits partis de gauche comme Izquierda Unida (Gauche unie), insignifiant électoralement et Podemos, qui représente un électeur espagnol sur cinq, la situation au Maroc ou au Maghreb est immuable: c’est l’Orient éternel, où jamais rien ne bouge ni ne change, comme certaines positions politiques.
IU a "condamné" les décisions du Maroc par la voix d’un porte-parole, mais le sujet ne figure pas sur son site Internet.
Dans un communiqué mis en ligne sur fond d’une image de belles dunes de sable du Sahara, Podemos parle d’"expulsion de 73 membres de la Minurso"( le terme n’est pas exact) et de "base militaire de la Minurso à Dakhla", là où il s’agit d’un poste de liaison composé de trois casques bleus relocalisés à Aousserd, à 150 km de là.
Podemos "regrette" et reste prudent
Tant du côté de Podemos que d'ERC (Gauche républicaine catalane) on ne trouve aucune analyse politique des développements survenus au Sahara depuis le départ des troupes de Franco en 1975, la passation pacifique des pouvoirs, l’accord de cessez-le-feu de 1991 et les changements sociaux, politiques et économiques importants que connaissent les provinces du sud.
La note positive -pour Podemos- du communiqué du parti de Pablo Iglesias réside dans l’usage du verbe "lamenta" qui signifie regrette ou déplore, mais ne condamne pas, ce qui dénote une certaine prudence vis-à-vis de l’actuelle situation et de la situation politique tant à Alger qu’à Tindouf.
Pour des forces de gauche, "progressistes" espagnols, leur logiciel semble peu évoluer. On voit au sud de la Méditerranée un pays "négativiser" avant de s’informer et d’essayer d’analyser une donne nouvelle. ERC a participé au gouvernement catalan ces dernières années, mais IU n’a pas eu ce privilège, tandis que Podemos négocie actuellement avec le PSOE une éventuelle participation à un futur gouvernement ou majorité, avec de faibles chances de succès.
Madrid est sans majorité parlementaire depuis les élections du 20 décembre dernier.
De leur côté, plus réalistes et avec une vision à long terme qui a porté ses fruits par le passé et jusqu’à aujourd’hui, le PP de Mariano Rajoy et le PSOE de Pablo Sanchez n’ont pas "condamné" ce que Podemos appelle "les décisions unilatérales du Maroc", parce qu’il y a pire: aller à Bir Lahlou avec les hommes armés du polisario et parler d’"occupation" lorsqu’il s’agit de décolonisation et de souveraineté du Maroc. Le nouveau parti catalan de centre-droit Ciudadanos -4e au niveau national- dirigé par Alber Rivera ne s’est pas exprimé sur le sujet.