Mezouar: “Ban Ki-moon a cherché à brouiller le Maroc avec l'ONU”
"Le Maroc est en désaccord avec Ban Ki-moon, et non pas avec l'ONU", a affirmé Salaheddine Mezouar à New York.
Lors d'une conférence de presse, tenue jeudi 17 mars à New York, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération a indiqué que le Maroc était "en désaccord avec le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et non pas avec l'Organisation des Nations-Unies".
Le secrétaire général de l'ONU "cherche à orienter l'opinion publique internationale et les membres du Conseil de sécurité sur la base de son affect personnel", s'est indigné M. Mezouar, en soulignant que le secrétaire général des Nations-Unies n'a pas à exprimer de réactions personnelles, de par la nature de sa fonction.
"Pis encore, Ban Ki-moon cherche aussi à orienter la situation vers une confrontation entre le Maroc et l'Organisation des Nations-Unies, pour justifier l'injustifiable", a déploré le ministre.
Face à l'obstination du SG de l'ONU, qui a refusé de présenter ses excuses et de retirer notamment le terme "occupation" qu'il a utilisé pour qualifier le recouvrement par le Maroc de son intégrité territoriale, le Maroc a répondu à travers "deux décisions essentielles à effet immédiat", à savoir "une réduction significative d'une grande partie de la composante civile et plus particulièrement du segment politique de la Minurso" et "l'annulation de la contribution volontaire qu'accorde le Maroc au fonctionnement de la Minurso, qui s'élève à quelque 3 millions de dollars".
"Le retrait des contingents marocains engagés dans les opérations de maintien de la paix faisait l'objet d'un examen", a-t-il rappelé, annonçant que "suite aux interventions de pays membres du Conseil de sécurité et des pays où sont stationnées les forces marocaines, qui ont unanimement salué les contingents marocains et leur grand professionnalisme, le Maroc a décidé de surseoir, à ce stade, à cette décision et de respecter ces réactions positives".
M. Mezouar a, en outre, indiqué que la visite au Maroc du SG de l'ONU n'est pas d'actualité "et ce suite au communiqué qu'il a diffusé après la réunion de lundi et étant donné que Ban Ki-moon n'a pas entrepris de geste qui va dans le sens de l'apaisement".
"En conclusion, le secrétaire général essaie de se présenter en victime, alors qu'il est seul responsable de l'exacerbation d'une situation qui était calme dans la région", a-t-il insisté.
Les propos hasardeux et les agissements irresponsables du SG de l'ONU n'ont fait qu'attiser la tension dans cette partie du monde, qui n'en avait pas besoin, a regretté le ministre.