Drogue: vaste coup de filet à Sebta, Malaga et Cadix
Les unités anti-drogue de la police espagnole et la "police des polices" de la Guardia civil ont procédé ce 9 mars à une douzaine d’arrestations parmi des guardias civils et des douaniers à Sebta et en Andalousie. Ils sont soupçonnés de complicités avec des réseaux de passeurs de drogue maroco-espagnols.
L’importance des saisies de drogue opérées dans la zone du détroit de Gibraltar depuis l’été dernier (48 tonnes en une seule saisie en juillet 2015, plus de 20 tonnes dont un lot de 18 tonnes en février 2016) ont conduit les autorités espagnoles à enquêter sur la soudaine "audace" des trafiquants.
La réponse a commencé à tomber ce mercredi 9 mars au petit matin, avec l’arrestation de membres de la police et des douanes espagnols.
Au Maroc, des arrestations similaires ont eu lieu au cours du dernier semestre et plusieurs enquêtes sont en cours.
Un reportage de la chaîne de télévision française Canal+ avait notamment révélé fin 2015 la "facilité" avec laquelle culture, traitement et commercialisation du cannabis et de sa résine étaient conduits.
A Sebta ce matin, des arrestations et des perquisitions ont eu lieu en trois lieux différents, au centre-ville comme au quartier El Principe à l’entrée de l’enclave. Des sources de presse rapportent à Médias24 que "la guardia civil a été tenue à l’écart de ces opérations." Durant la matinée, un hélicoptère a supervisé la conduite des opérations à Sebta.
100.000 euros le camion
Depuis l’été dernier les enquêteurs espagnols soupçonnent des trafiquants à Sebta et de l’autre côté du détroit vers Algésiras et Malaga d’avoir monté un réseau pour les contacts au Maroc, un second réseau pour le passage de la drogue à travers les points de passage maroco-espagnols à Tanger-Med ou à Sebta, un troisième réseau pour l’emmagasinage de la drogue en Espagne et enfin un quatrième réseau pour le commerce et la distribution.
A Malaga et Cadix, des entrepôts industriels ont été perquisitionnés au cours des dernières heures et des quantités de drogue saisies.
Les "tarifs" pour ces différentes opérations tournaient autour de 100.000 euros (environ 1,05 million de DH) par camion passé sans encombre aux postes-frontaliers.