Noms de domaine: l'Icann se réunit à Marrakech
Les 1.200 participants à la 55e réunion publique de Internet corporation for assigned names and numbers ont jusqu’au 10 mars pour trouver les compromis nécessaires et formuler des propositions concrètes.
Organisées du 5 au 10 mars à Marrakech, les réunions publiques de l’Icann sont le rendez-vous des membres de la communauté Internet multipartite mondiale, regroupant des internautes individuels, des entreprises, des membres de la société civile, des représentants des gouvernements, des institutions de recherche et diverses ONG. Leur objectif: prendre part au débat autour des questions liées au système des noms de domaine, DNS.
En ouvrant les travaux, lundi 7 mars, Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique, avait donc face à lui un auditoire de spécialistes et de passionnés.
Et il a suffi au ministre de quelques mots pour mettre en évidence les enjeux d’une telle rencontre: "L’évolution de l’Internet dans le monde représente un indicateur fondamental de la centralité de cette ressource dans la stimulation de la croissance économique des nations. L’évolution remarquable la connectivité qui relie aujourd’hui plus de 3,2 milliards d’individus, les progrès technologiques impressionnants, mais aussi la concentration des volumes à plus de 80% dans les pays développés, sont autant de facteurs qui font que la gouvernance de l’Internet se positionne au cœur des politiques internationales et nationales."
C'est l’occasion donc pour les participants de dresser, pendant toute la semaine, un bilan de l’évolution du système mondial de l’Internet, à un moment charnière pour l’avenir de sa gouvernance globale, puisque, comme l’a rappelé le ministre, "les participants ont pour mission de finaliser la proposition qui aboutira au transfert de la supervision des fonctions IANA -éléments clés du système des noms de domaine de l’Internet-du gouvernement des Etats-Unis à la communauté multipartite mondiale. Le ministre insiste sur l’importance de ce changement "qui devrait garantir une meilleure gestion commune des ressources dans le sens du respect de la diversité culturelle et linguistique et répondre davantage aux attentes des peuples, en particulier de ceux en développement."
Le Maroc, qui a adhéré très tôt à l’Icann, est bien conscient que les technologies nouvelles, Internet en particulier, constituent un catalyseur de la croissance économique et un outil indispensable pour la compétitivité. "Non seulement pour le secteur privé, mais également pour le secteur public, a précisé Moulay Hafid Elalamy: elles sont indispensables pour la transformation et la modernisation, pour la création d’emplois et pour l’amélioration de la qualité de vie."
Récemment, le Maroc s’est lancé dans un nouveau programme de modernisation pour améliorer les infrastructures de communication électronique de haut et très haut niveau. A très court terme, 65% de la population doit être connectée à Internet à très haut débit. Et 100% des établissements publics doivent être connectés en haut débit. A moyen terme, le gouvernement s’engage à assurer l’accès en haut débit au reste de la population.
En effet, aux portes de l’Europe et ouvert sur le reste du monde, comme l’a rappelé Azdine El Mountassir Billah, directeur général de l’ANRT, le Maroc partage avec la communauté internationale les idéaux de progrès, de prospérité, de tolérance, d’ouverture et de complémentarité: "Internet ne cesse de se métamorphoser de jour en jour, a-t-il souligné. C’est un formidable espace de liberté, un outil inégalé d’échange, de partage et de rapprochement. Il constitue un gisement inépuisable et sans précédent pour le potentiel économique. Le web est devenu omniprésent dans notre quotidien professionnel, économique, social, culturel. Les enjeux sont considérables, de la liberté d’expression à la sécurité. Le grand défi que nous connaissons tous et auquel nous travaillons, est celui d’inventer un modèle de gouvernance juste et équilibré. Tous les espoirs sont désormais portés sur cette réunion de Marrakech, pour que les bonnes décisions soient prises et pour que les compromis nécessaires soient trouvés."
Azdine El Mountassir Billah termine son intervention sur un souhait: "Notre espoir est aussi que l’Afrique soit davantage impliquée dans tous les processus et puisse jouer un plus grand rôle au sein de l’Icann". C'est un souhait immédiatement exaucé, puisque Stephen Cocker, président du conseil d’administration de l’Icann a annoncé, quelques instants plus tard, la création du premier bureau de l’Icann en Afrique, à Nairobi: son ouverture est prévue dans 3 semaines et donnera ainsi au continent africain la place qu’il mérite…