Aftati: “C’est la base du PJD qui désigne les candidats aux législatives et pas Benkirane”
Le secrétaire général du PJD Abdelilah Benkirane a déclaré que le député Aftati ne pourra pas se présenter aux futures législatives. Ce dernier répond à Médias 24 que Benkirane n’est pas habilité à désigner les candidats aux scrutins électoraux.
L’électron libre du parti de la lampe a été rappelé à l’ordre par Abdelilah Benkirane, qui considère que ses positions tranchées portent atteinte aux intérêts du parti.
Le chef du gouvernement a déclaré dimanche 28 février lors d’une rencontre à huis clos avec quelques journalistes que l’actuel député d'Oujda était interdit de se représenter au scrutin législatif du 7 octobre prochain.
A l’appui de son veto contre une éventuelle candidature, il a cité les mauvais scores du PJD aux élections locales et régionales à Oujda, qu’il a attribués à la personnalité de l’élu de l’Oriental.
Pour rappel, la commission de discipline du PJD avait gelé son adhésion, après qu’il a effectué un déplacement controversé dans une zone militaire aux abords de la frontière maroco-algérienne, pour s'enquérir selon lui du phénomène de la contrebande et notamment du trafic de carburant algérien.
Pour franchir les barrages militaires, Aftati avait non seulement mis en avant sa qualité d’élu de la nation, mais s’était en plus fait accompagner d’un officier de la gendarmerie pour lui faciliter la tâche.
Contacté par Médias 24, le député déclare que la sortie médiatique du secrétaire général du PJD n’est pas justifiée, du fait qu’au PJD, il n’existe pas de candidature spontanée, car seule la base a le pouvoir de désigner les candidats.
«Quel que soit le scrutin, ce sont les militants qui choisissent qui a le droit de se présenter. Cela se fait directement ou par le biais d’instances chargées de cette tâche et qui sont élues par la base.
«Du fait que je ne suis pas habilité à me présenter de ma propre initiative, comme cela se fait dans les autres partis marocains, personne n’est donc en mesure de me l’interdire».
«Les membres du PJD n’ont pas besoin de feu vert de leur direction et encore moins de feu rouge».
Concernant les accusations de Benkirane d’être comptable de la défaite du PJD aux scrutins communal et régional dans la région de l’Oriental, le parlementaire se défend de toute responsabilité.
«Comment peut-on m’accuser d’être à l’origine de ces mauvais résultats, alors que je n’ai participé ni de près ni de loin aux élections du 4 septembre? Je rappelle que j’ai refusé d’être candidat dans ma ville natale, pour ne pas mettre dans l’embarras mon propre parti».
Interrogé sur l’état de ses relations avec le chef du gouvernement, Abdelaziz Aftati assure qu’elles ne sont pas mauvaises, mais qu’une mise au point s’imposait pour rappeler que la base du PJD prévaut sur la direction du parti.
«Même si les apparences et ses récentes déclarations à mon encontre peuvent prêter à confusion, il n’y a pas de mésentente et encore moins de divorce entre le secrétaire général et moi-même. Le débat actuel n’est que l’écho de ce qui se passe dans le paysage politique à la veille des élections. Contrairement à ce qui se dit, je ne paye pas le prix de mon indépendance, car personne n’impose rien au PJD».
Il est cependant de notoriété publique que les relations entre Aftati et Benkirane ne sont pas au beau fixe. Celui qui présidait l’instance de transparence et de probité du PJD, avant d’en être débarqué par Benkirane au lendemain de l’affaire d’Oujda, n’avait pas hésité à convoquer le secrétaire général pour qu'il explique l’origine de son patrimoine.