Gros malaise au sein de l’USFP après le vote pour le polisario
La conférence de presse de la chabiba ittihadia pour expliquer son soutien au polisario à l’internationale socialiste a été annulée. Ce cafouillage en dit long sur un malaise qui grandit.
«Mardi 1er mars, Driss Lachgar a ordonné aux dirigeants de l’USFP de ne faire aucun commentaire sur le vote de la chabiba ittihadia, au terme duquel le bras estudiantin du polisario a obtenu le statut d’observateur au sein de l’Union de l’internationale socialiste des jeunes (UISY)».
C’est ainsi que s’exprime une source proche du premier secrétaire de l’USFP, pour expliquer le manque de communication du parti de la rose sur une affaire qui ne cesse de défrayer la chronique politique.
Silence radio ou fuite en avant?
Selon notre interlocuteur, Driss Lachgar se mure dans le silence, en attendant que l’orage passe pour aviser. Pris de court par l’ampleur de la polémique, il se terre chez lui, sans l’ombre d’une piste pour convaincre ses troupes ou l’opinion publique.
Malgré nos nombreuses tentatives pour le joindre, Driss Lachgar, d’ordinaire très joignable et coopératif, n’a pas pris la peine de décrocher son téléphone.
Le malaise semble avoir touché d’anciens premiers secrétaires comme Mohamed El Yazghi et Abdelouahed Radi, qui ont préféré ne pas commenter cette affaire, qui n’arrange pas leur parti.
Contacté par Médias 24, Habib El Malki a préféré botter en touche en nous invitant par sms à contacter Abdellah Soubairi, secrétaire général de la jeunesse de l’USFP pour plus d’éclaircissements.
D’après une autre source, le numéro 2 du parti de la rose est tenu dans l’ignorance par Driss Lachgar et par les membres de la délégation de la jeunesse du parti qui s'était rendue à Tirana et qu’il n’a pas réussi à joindre au téléphone.
«El Malki ne se prononcera pas publiquement, avant d’avoir les éléments de réponse à ses questions , car il refuse toujours de croire à la version du soutien motivé par un choix tactique de la Chabiba».
Respectant à la lettre les consignes de silence du premier secrétaire, le téléphone de Abdellah Soubairi est resté sourd à nos appels et messages écrits.
Même cas de figure avec Hanane Rihab, membre du bureau politique, qui justifiait le soutien de la Chabiba, en arguant sur les réseaux sociaux que la jeunesse du polisario avait aidé à son adhésion à l’UISY en 1995.
Une annulation lourde de sens et de conséquences
Annoncée pour ce mercredi 2 mars, la conférence de presse de Abdellah Soubairi qui a présidé la délégation USFP à Tirana a été annulée et reportée sine die, sans même informer à temps les nombreux journalistes présents.
Cette annulation confirme la confusion qui règne et l'absence de pertinence et de cohérence dans la position de la jeunesse socialiste. La veille de cette conférence, un membre de la délégation de Tirana nous avait livré l'essentiel de l'argumentaire de la Chabiba, qui n'était pas vraiment convaincant.
Face à cette omerta, plusieurs sources annoncent que des dirigeants du parti envisagent de réclamer la démission de Driss Lachgar et du bureau politique, tenus responsables du vote ittihadi pour le polisario. Un sit-in de protestation sera bientôt organisé devant le siège de l’USFP à Rabat avec des membres du parti et auquel sont invités "tous les Marocains qui s’estiment trahis par le soutien de la Chabiba au polisario".
Une réunion qui se tenait à Casablanca mardi 1er mars et dont l’ordre du jour était la préparation de l’USFP aux élections législatives a tourné à l’affrontement physique.
Les militants présents ont réclamé des précisions sur "cette trahison des positions historiques de l'USFP" et appelé à la démission immédiate de Lachgar, s’il assume la version de la Chabiba ittihadia.
Tarik Kabbaj, chef de file d’Alternative démocratique, née de la scission avec l’USFP, s’est dit persuadé, dans une déclaration à Médias24, que Driss Lachgar n’assumera pas sa responsabilité et ne quittera pas son poste de 1er secrétaire.
Quelles que soient les explications qui seront avancées pour justifier ce soutien inapproprié au polisario, le malaise interne à l'USFP, qui avait commencé avec la scission du courant Zaidi, ne risque pas de s’arranger de sitôt, surtout à la veille des élections législatives d’octobre 2016.