Mohammed Amahjour du PJD: “Baisser le seuil électoral, c’est balkaniser le champ politique”
Au lendemain de l’annonce d’un rapprochement entre le PAM et l’USFP, le député PJD et 1er vice-président du Conseil de la commune de Tanger, Mohammed Amahjour, constate "la faiblesse de l’USFP".
Interrogé ce jeudi sur la réaction de son parti à l’annonce d’un rapprochement entre le PAM et l’USFP, Amahjour rappelle que "Nnous sommes dans une année électorale. Les préparatifs et initiatives de ce type ne vont pas cesser jusqu’après les prochaines élections législatives, prévues pour octobre 2016". Numéro 2 à la commune de Tanger, membre du Conseil national du PJD et membre de la direction régionale, Mohamed Amahjour est l’un des leaders régionaux du PJD et bras droit et "ombre" du maire de Tanger, Bachir Abdellaoui.
Amahjour rappelle une donnée fondamentale du jeu politique marocain: "La visibilité intervient au lendemain des élections et des résultats, pas avant".
On pense à la Koutla, qui s’est souvent entendue avant les élections pour mieux se perdre en chamailleries ensuite et on pense au fameux "G8" mené par le RNI à la veille des législatives de novembre 2011 et qui avait fini par porter atteinte à l’image du "centre-droit" marocain.
"C’est lorsqu’apparaît le rapport de forces que les alliances se décident". C’est en effet l’essence d’un mode de scrutin électoral proportionnel à la marocaine, à l’italienne ou à l’espagnole. Le scrutin électoral législatif marocain n’est pas un scrutin à deux tours à la française, qui permet l’ébauche d’alliances ou de pré-alliances avant le premier tour et une confirmation des accords au second tour.
"Aucun accord pré-électoral, aucune coalition pré-électorale n’ont jamais fonctionné". "Ce qui se passait à l’époque de Hassan II est que les partis de gauche se rapprochaient en tant que "koutla d’opposition", rappelle Amhajour, avec les résultats que l’on connaît. "Aujourd’hui, les choses sont différentes", ajoute-t-il.
"Toucher au seuil de 6%, c’est ouvrir la porte à la balkanisation politique"
"Je pense que l’accord annoncé ce mercredi est le résultat de l’isolement qu’a ressenti le PAM au lendemain du 4 septembre, indique Amahjour. Le PAM veut dominer et contrôler l’opposition au PJD et les autres partis ne sont pas d’accord". "L’Istiqlal même hors du gouvernement ne s’est pas rapproché du PAM et surtout l’USFP a été l’un des grands perdants des consultations de septembre dernier».
"Il faut s’interroger sur les conditions qui ont pu amener le patron de l’USFP Driss Lachgar à chercher à s’allier avec le PAM. L’USFP est un parti faible".
"Ce que je retiens du communiqué commun, c’est que les deux partis parlent de représentativité politique. On sait que l’USFP n’est pas satisfait du seuil électoral actuel de 6%» car cela signifie probablement sa perte en octobre prochain. Question: faut-il balkaniser la scène politique pour "sauver" l’USFP?
"Sur un plan individuel et strictement partisan, si l’on analyse ce point, il peut nous sembler important. Mais modifier le seuil de 6%, c’est ouvrir la porte à la balkanisation du champ politique marocain et cela n’est dans l’intérêt d’aucun Marocain. Cela ne fait pas l’affaire du pays," conclut Amahjour.