Forum Afrique développement: l’agriculture et l’entrepreneuriat à l’affiche
L'événement a drainé les foules. Près de 1.200 acteurs économiques et politiques ont pris part à la 4e édition du forum Afrique développement, organisée ce 25 et 26 février par Attijariwafa bank en partenariat avec Maroc export.
Près de 4.500 meetings B to B ont été programmés en marge de cette manifestation, axée sur l’agriculture, l’électrification et l’entrepreneuriat en Afrique.
Intervenant dans un contexte difficile, caractérisé par une atonie de la croissance mondiale sur fond de la baisse des prix du pétrole et du ralentissement chinois, la 4e édition du forum Afrique développement se veut porteuse d’opportunités
"Je perçois une forte volonté en Afrique d’exporter au-delà des matières premières, des produits finis, ce qui va modifier complètement les relations internationales du continent africain", a déclaré Moulay Hafid El Alami, ministre de l’Industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique.
L’agriculture, des potentialités à saisir
Les chiffres sont éloquents :
-Près de 70% des terres arables non cultivées se trouvent en Afrique.
-La part de l’agriculture dans le PIB de certains pays africains atteint jusqu’à 25% du PIB.
-63% de la population vit dans le monde rural et subsiste grâce à l’agriculture.
Tenant compte de ces éléments, la prise en charge du secteur agricole s’avère décisive, selon Mohamed El Kettani, PDG d’Attijariwafa Bank. "Celle-ci permettra d’assurer une croissance inclusive, réductrice des inégalités, tout en réussissant le passage d’une agriculture de subsistance à une agriculture moderne."
Ceci dit, l’accès aux intrants dans le continent demeure un handicap majeur, qui pénalise le rendement et la rentabilité de la production agricole.
Marouane Ameziane, Directeur exécutif en charge de la stratégie & du corporate development à OCP, rappelle quelques disparités liées à l’utilisation des engrais au niveau du continent: "La moyenne mondiale de l’utilisation des engrais est de 100 kg par hectare. Au Maroc, celle-ci est de 95 kg par hectare, mais dans la région d’Afrique centrale, cette moyenne est d'un kg par hectare, ce qui est très insuffisant." Ces disparités traduisent, selon lui, des difficultés d’approvisionnement liées à une chaîne logistique inefficiente.
L’entrepreneuriat monte en puissance, mais…
Les contraintes à l’entreprenariat en Afrique sont multiples : carence en infrastructures, financement risquophobe, difficulté d’accès à l’information… Toutefois, les pays africains affichent les plus haut taux d’entrepreneuriat dans le monde. Une étude réalisée par London Business School pour le consortium Global Entrepreneurship Monitor fait ressortir une présence essentielle des entrepreneurs dans les populations africaines.
Ainsi, le Cameroun se trouve en première position, avec 37,4% d’entrepreneurs. Suivent l’Ouganda (35,5%) et le Botswana (32,8%). En Europe, ce taux n’atteint que 6%.
Ceci dit, force est de constater que l’entrepreneuriat qui prédomine en Afrique est plutôt à caractère social. Autrement dit, il répond à des besoins de subsistance
Selon Mamoune Bouhadhoud, ministre chargé des petites entreprises et de l’intégration du secteur informel, "c’est plutôt l’entrepreneuriat d’opportunité qui est à encourager, via des mesures concrètes d’accompagnement". Il cite, à titre d’exemple, le statut d’auto-entrepreneur, entré récemment en vigueur. Une convention vient d’être signée avec la Côte d’Ivoire, pour l’instauration d’un statut similaire.