Une alliance stratégique entre le PAM et l’USFP n'est pas exclue
Après avoir envoyé un memorandum à l’ensemble du champ politique, l’USFP a été approché par le PAM pour une coordination, voire une alliance stratégique, avant les futures législatives. Explications de Habib El Malki, numéro 2 du parti de la rose.
Un bloc moderniste PAM-USFP se profile à l’horizon, pour préparer les futures échéances électorales et contrebalancer la domination actuelle du PJD, chef de file de la majorité gouvernementale.
Selon Habib El Malki, joint par Médias 24, une éventuelle alliance entre ces partis serait la conséquence de l’adhésion du PAM au contenu du memorandum de l’USFP sur la réforme du dispositif législatif électoral.
Après avoir exposé les raisons du rapprochement partisan avec le parti du tracteur, le numéro 2 de l’USFP revient en détail sur les propositions du memorandum rédigé par son parti.
C'est le memorandum de l’USFP qui a ouvert la voie au rapprochement avec le PAM
«Le PAM est le premier parti du champ politique qui a répondu positivement à notre memorandum. C’est d’ailleurs à sa demande expresse que nous avons organisé une réunion entre nos deux directions, pour échanger nos points de vue respectifs». M. El Malki fait allusion à la réunion du mardi 23 février, sanctionnée par un communiqué commun.
Cela a été l’occasion de discuter de la situation politique qui prévaut, quelques mois avant les législatives d’octobre 2016, mais surtout d’évoquer d’éventuelles perspectives électorales communes.
«Dans notre memorandum, nous avions lancé un appel au dialogue à toutes les formations politiques, qu’elles soient représentées au Parlement ou non. Ce n’est pas notre première rencontre avec le PAM, mais ce parti a été le seul à adhérer à nos propositions et à souhaiter nous rencontrer».
Interrogé sur la pertinence de la constitution d’un futur bloc USFP-PAM, Habib El Malki considère qu’il ne faut pas l’exclure, même si les élections à venir n’ont pas uniquement un enjeu partisan étroit.
Ce scénario semble d’autant plus plausible que M. El Malki révèle que son partenaire historique istiqlalien semble être aux abonnés absents. «Une alliance avec l’Istiqlal dépendra de sa réponse à nos propositions du memorandum, mais pour l’instant, nous n’avons pas encore reçu d’écho positif».
Au regard des récentes dissensions entre le PJD et son allié gouvernemental le RNI, le rapprochement stratégique entre le PAM et l’USFP semble être la première étape de la création d’un pôle moderniste, pour préparer le terrain à une éventuelle alternance aux conservateurs du PJD.
Même si Habib El Malki affirme que le contenu du memorandum est destiné à tous les partis politiques, quelle que soit leur orientation idéologique, il apparaît bien que ses recommandations sur la parité et sur l'interdiction de l'utilisation de la religion à des fins électoralistes excluent de facto certaines formations conservatrices.
Des propositions qui s’adressent aux modernistes
Selon lui, la vocation de ce memorandum est d’attirer l’attention des acteurs politiques sur les maux qui caractérisent un système électoral, aux pratiques ne reflétant pas une image réelle de la carte politique marocaine.
Les propositions suivantes veulent restaurer la confiance et élargir la participation du corps électoral:
-«Nous voulons créer une commission nationale indépendante chargée des élections, car à chaque nouveau scrutin, plusieurs acteurs remettent en cause la neutralité du gouvernement.
-«Le memorandum propose de criminaliser davantage le recours à la religion à des fins électoralistes et l’utilisation de l’argent dans les campagnes électorales. Ces pratiques cancérigènes doivent être bannies du champ politique. Sous couvert de bienfaisance, certains utilisent des espaces religieux pour appeler à voter pour un certain parti ou pour en excommunier d’autres. Il faut renforcer le dispositif contre l’achat de voix, car à chaque nouveau scrutin, ces pratiques perdurent.
-«Nous demandons l’élargissement de la représentativité de la future chambre basse à travers une représentation de la communauté des MRE et une meilleure répartition de genre. Il faut aller au-delà des quotas pour qu’à terme, on arrive à 50% de femmes députées.
-«Si certains partis réclament en fonction de leur intérêt un relèvement ou un rabaissement du seuil électoral de 6%, l’USFP réclame sa suppression pure et simple, car il n’a pas abouti à une rationalisation du jeu politique. Actuellement, il permet l’hégémonie des grands partis.»
Ce dernier point est une arme anti-PJD par excellence.