Tanger: architectes, promoteurs et autorités veulent remettre les compteurs à zéro
Les intervenants du secteur du BTP de Tanger évaluent un projet d’accord-cadre, afin d’améliorer la pratique professionnelle. Il s’agit de la wilaya, de la commune, de l’Agence urbaine, de l’Ordre régional des architectes, de l’Association des promoteurs immobiliers, des bureaux d’études et des topographes.
Dans un premier temps, il s'agit de rendre obligatoire le cahier de chantier (article 11), de tenir des réunions hebdomadaires, dans le but d’évaluer conjointement les projets de construction et de tenir des assises annuelles pour distinguer les plus beaux bâtiments, en termes de qualité de construction et d’esthétique.
On commence par une amnistie
Un premier geste de bonne volonté de la part des autorités, commune de Tanger incluse, a consisté, dès la semaine dernière, à passer l’éponge sur tous les projets litigieux sur les dépassements de hauteurs et autres abus. Cette "amnistie" va passer par un paiement d'amendes. La solution évite des litiges qui risquent de s’éterniser, des blocages de projets de construction et permet à la commune et aux services des impôts d’enregistrer des rentrées d’argent.
Le cahier de chantier est un document remis par l’Ordre des architectes et permet au maître d’ouvrage de suivre la marche et la qualité des travaux. Il permet plus de rigueur et de qualité dans la gestion des projets et assure une construction qui respecte les normes sismiques et de sécurité (article 20). Les tentatives de les rendre obligatoires au Maroc ont plus de 20 ans.
L’accord-cadre prévoit également des réunions hebdomadaires avec les représentants des architectes, de la commune, de la wilaya et de l'Agence urbaine, afin de traiter les dossiers de manière rapide et professionnelle.
L’accord prévoit dans son article 5 d'organiser annuellement une journée du bâtiment et de l’architecte, qui va décerner des prix en matière de construction et d’architecture. L’article 16 de l’accord-cadre exige explicitement des promoteurs de tenir leurs chantiers, en respectant l'environnement et l’espace public.
La lutte contre les "signatures" devrait également être plus sérieusement amorcée, selon des professionnels contactés par Médias24. Ce fléau, dont l’Ordre national a de nouveau pris la mesure en ce début d’année, constitue également un fléau professionnel régional.
Tanger ville-pilote ?
La détermination et le sérieux du wali et de l’actuelle majorité communale semblent avoir poussé les différentes parties à accélérer le rythme sur divers aspects clés de la vie locale: Tanger-métropole, déménagements de divers services communaux, installations portuaires, balnéaires et marchés dont les chantiers ont démarré.
L’éviction, en hanvier 2016, de l’ancien bras droit du wali, Mohamed Yaacoubi, en charge du suivi des travaux de Tanger-métropole, semble avoir insufflé une nouvelle motivation aux différents acteurs et donné plus de crédibilité à la globalité du projet.
Ainsi, en ce début de semaine, le projet de nouvelle esplanade au niveau des anciens établissements balnéaires montre des signes d’avancement. De même, les travaux pour le marché de Béni Makada ont démarré. Les travaux du nouveau palais des arts et de la culture sur la route de Malabata sont avancés.
Depuis la mi-février, les propositions pour un nouveau plan d’aménagement de la ville de Tanger sont présentées au siège de la commune. Ce nouveau plan prévoit notamment de déménager le quartier administratif sur l’arrondissement de Béni Makada et de réserver la zone offshore autour de la future gare du TGV à des bâtiments singuliers. "Les autorisations pour immeubles et appartements sur la zone devraient connaître un coup d’arrêt", selon un professionnel interrogé par Médias24.
Enfin pour le règlement des litiges, le dernier et 27e article de l’accord-cadre accorde cette prérogative au wali.